A propos d’édition…

L’édition est avant tout un business.

L’auteur a sans doute tort de croire à un lien affectif qui pourrait se tisser entre son éditeur et lui. Ce lien pourra devenir, mais il n’est pas d’instinct.

L’écriture pourrait s’associer à une thérapie de bien être, tant l’auteur prend du plaisir à écrire, créer, modeler ses personnages et son oeuvre. Parce que l’acte d’écrire lui a prodigué du bonheur, il a beaucoup de difficulté à admettre que ce bonheur ne soit pas immédiatement partagé par l’éditeur qui lira son manuscrit.

On connait l’histoire de ce jeune écrivain ou cette jeune écrivaine, qui découvert(e) par telle maison d’édition devint en quelques mois en tête des ventes et même prisé(e) d’un Goncourt ou Renaudot. Alors on se dit pourquoi pas moi ! C’est sans compter sur les milliers d’auteur(e)s qui chaque jour expédient leur manuscrit tout auréolé du désir de séduire. La probabilité de gagner est plus forte à la loterie ! On dit que Gallimard reçoit 1 manuscrit par minute. Chaque année, la MATMUT organise un prix du meilleur auteur en partenariat avec les éditions DENOEL. Cette année, ils ont reçu près de 2000 manuscrits.

Certes les gagnants ont un talent, un thème une histoire qui ont convaincu, mais surtout la chance a fait que leur livre est arrivé au bon moment au bon endroit.

Or le bon moment et le bon endroit est soumis à des éléments liés en particulier au marché. En effet, dès lors que le livre frappe aux portes des éditeurs, il devient produit et est donc soumis aux règles de la rentabilité. Lancer un produit, que ce soit un livre, un parfum ou un habit demande de l’investissement, en marketing et publicité. Le retour sur investissement doit être rapide et juteux. Sur les premiers ouvrages, les droits d’auteurs représentent quelques miettes, mais l’auteur est tellement heureux d’être choisi, qu’il s’en moque. Mais si cette première édition est un succès, le prochain ouvrage profitera d’un meilleur contrat et peut-être même d’une avance sur recettes.

Le marché satisfait aussi à des modes. Les plus anciens se souviennent des auteurs à succès de certaines décennies complètement oubliés de nos jours. La mode du moment est celle de l’émotion, du larmoiement, de la compassion. On aime les vies miséreuses qui s’en sortent, même si l’histoire est niaise à souhait. On aime aussi, le bien être, la philosophie de comptoir et quelques bons mots alignés qui semblent délivrer le message de notre vie. On aime les conseils de gourous éclairés au verbe agréable et populaire qui laissent entendre qu’un monde meilleur est à notre portée. C’est de la littérature aussi, il ne faut pas le nier !

On pourrait penser qu’il n’y a qu’à rentrer dans le moule pour être publié, mais ce n’est pas si simple !

D’abord, même si l’échantillon d’auteur(e)s se resserre, il en reste encore des milliers et c’est sans compter sans les fils et filles de, et/ou celles et ceux qui disposent d’un visage ou d’un nom publié sur un autre média et qui garantit des ventes à l’éditeur avant même que le contenu soit connu.  Pour ces derniers, le marketing sera allégé, car porté par leur propre médiatisation, et le retour sur  investissement d’autant plus prompt. Le risque financier est donc moins important, même si nul ne se vante des bides qu’ont fait certaines parutions d’homme ou femme  politique, voire d’artiste.

A suivre …

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Feydau à Mériel

Après plusieurs mois d’absence,le Théâtre de l’Empreinte se produisait à nouveau à Mériel à l’Espace Rive Gauche les 16 et 17 mars 2018.

En tant qu’Homme de Théâtre, il  m’est difficile de ne pas juger un spectacle avec un œil sans doute plus avisé.

Quand j’aime, et que je reconnais le talent, je le dis.

Quand je m’ennuie et regrette de m’être déplacé. Par honnêteté, je me dois de le dire aussi.

2 pièces de Théatre de Georges Feydau étaient représentées.

La première : » On purge bébé » fut l’objet d’une vocifération ininterrompue entre deux comédiens qui, certes possédaient leur rôle et leur texte, mais n’ont apporté que peu de nuances à un jeu qui m’a donné mal à la tête  avec l’envie viscérale de me sauver à l’entracte qui n’a malheureusement pas eu lieu.

La deuxième : « Léonie est en avance » m’a plongé dans l’ennui et je me suis endormi. Pardon d’avoir dérangé mes voisins par mes ronflements.

Je tire mon chapeau aux comédiens dont on sentait la bonne humeur et l’envie de  jouer. J’ai apprécié leur travail et connais la difficulté à rassembler 9 adultes amateurs autour d’un même projet.

Mais pour moi l’expression théâtrale est le résultat d’un travail où l’on apprend à jouer ensemble en étant conscient que derrière le rideau de lumière qui aveugle les comédiens, il y a des spectateurs qu’il nous faut entraîner dans notre jeu. Jouer n’est pas seulement, sauter, s’invectiver, claquer des portes et surtout pas réciter son rôle. Jouer c’est utiliser toutes les parties de son corps, de son visage, de ses gestes,  respirer, prendre le temps d’un silence, aller chercher le partenaire dans sa réplique, emporter le spectateur dans l’histoire et lui faire partager, complice, les états d’âmes des interprètes.

Le travail est partagé entre metteur en scène et acteurs. Le metteur en scène nourrit souvent des espoirs que les acteurs n’atteindront pas. Il faut parfois beaucoup de temps pour que l’acteur trouve au plus profond de lui-même les ressources qui lui permettent d’interpréter un rôle. Mais l’acteur a aussi besoin de l’art de la mise en scène pour l’aider à se trouver, à se positionner, à placer son geste et sa voix.

Après des décennies de mise en scène, je connais malheureusement, les frustrations des uns et des autres à ne pas parvenir au but que l’on aimerait atteindre.

Il ne faut pas baisser les bras et travailler encore et toujours.

Si on veut jouer la comédie, il faut accepter d’entendre que l’on n’a pas été bon et que l’on peut progresser. C’est d’ailleurs le fondement même de l’art théâtral. S’améliorer sans cesse.

Le bon comédien sait quand il n’a pas été bon ! C’est pourquoi, un jour il sera excellent.

 

https://www.facebook.com/TheatredelEmpreinteMeriel95/

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Les faux British

Mercredi je suis allé voir « Les Faux British » au Théâtre Saint Georges à  Paris.

Excellente pièce très originale avec une mise en scène exceptionnelle, servie par des comédiens peu connus mais de grand talent.

Imaginez 7 amateurs de romans noirs anglais qui décident de créer un spectacle alors qu’ils ne sont jamais montés sur scène ! Ils ont choisi une pièce inédite, un véritable chef d’oeuvre écrit par Conan Doyle lui-même (enfin, c’est ce qu’ils prétendent !)… L’action se situe fin XIXème, dans un superbe manoir, lors d’une soirée de fiançailles, en plein coeur de l’Angleterre. Les festivités vont enfin commencer quand un meurtre est commis. Chacun des invités présents dans le château devient alors… un dangereux suspect.

Nos valeureux « comédiens d’un soir » vont très vite constater à leurs dépens que le théâtre nécessite énormément de rigueur. Malgré toute leur bonne volonté, les catastrophes vont s’enchaîner à un rythme endiablé. Dans ce joyeux désordre, nos Faux British, armés du légendaire flegme britannique, feront tout pour interpréter aussi dignement que possible ce thriller théâtral qui leur tient tant à coeur.

Réussiront-ils à terminer la pièce ? Dans quel état va-t-on les retrouver ?

Ce qui est sûr, c’est que le spectateur, lui, n’en finira plus de rire devant une telle succession de gags… so british !

Ils tiennent l’affiche depuis plusieurs mois et ont même reçu le Molière 2016.

A voir absolument

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Bonjour tout le monde !

Bonjour à vous toutes et tous qui me rejoignez sur ce blog.

J’espère vous faire partager mes passions et vous convaincre de me lire au travers de mes diverses publications.

N’hésitez pas à partager vos découvertes dans vos divers réseaux.

Au-delà d’Internet et de Facebook et autres réseaux sociaux, le bouche à oreille est encore historiquement le meilleur moyen de communiquer.

Je vous aime déjà

Mathieu

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