Si je devais choisir …..

Petite histoire :

Imaginez que vous êtes médecin urgentiste affecté au tri à l’entrée d’un grand hôpital.

Pratiquement simultanément, pénètrent aux urgences 3 malades en détresse respiratoire grave. Vous ne disposez que d’un seul respirateur artificiel et tous les hôpitaux voisins sont saturés et ne peuvent vous venir en aide. Vous allez devoir choisir.

Les regards de vos collègues se portent vers vous. Personne n’aimerait être à votre place. Un soignant n’a d’autre rôle que de guérir et d’employer tous les moyens disponibles à cette unique fin. Et là devant ces 3 cas, le médecin va peut-être guérir 1 des patients mais va en envoyer 2 vers une mort certaine. C’est un drame, mais il lui faut choisir et vite car la situation de chaque malade se dégrade à grande vitesse.

Le 1er a 75 ans et fait état d’une insuffisance cardiaque qui s’ajoute au problème pulmonaire du moment. Une réanimation peut s’avérer délicate et assez longue dans la durée.

Le 2nd est encadré par 2 gendarmes qui viennent de le sortir de sa prison où il subit une peine lourde de 20 ans de réclusion.

Le 3e est un homme d’une quarantaine d’années affichant une bonne condition musculaire.

Tous trois sont conscients mais ont de grandes difficultés à s’exprimer et leurs constantes tendent à décliner imposant une orientation rapide dans un service de réanimation.

A ce stade de l’histoire, lequel des trois allez-vous choisir ?

Pour éclairer votre choix, en off, voici quelques informations complémentaires :

Le 1er est un savant qui a permis par ses recherches de sauver de nombreuses vies. Avec son équipe, il a réussi à isoler et contrôler les points du cerveau qui permettent de comprendre comment une maladie se développe. Sa théorie est que si les microbes ou les virus peuvent générer les maux, il appartient au cerveau de déployer les moyens dont le corps dispose pour s’en auto guérir. En agissant électriquement sur les bonnes zones cérébrales, le patient peut guérir sans l’intervention de la chimie. Son décès prématuré pourrait retarder l’application de ses découvertes.

Le 2e a été condamné à 20 ans de réclusion pour avoir prémédité l’assassinat de l’homme qui avait violé à mort sa fille de 14 ans. Il n’a jamais nié les faits et a avoué devant le jury d’assises ne pas regretter un seul instant son geste, argumentant qu’il n’avait effectué là que son devoir de père. Il vit en prison une vie obéissante et rangée au service des autres prisonniers.

Le 3e est connu des forces de police comme on dit. Il est soupçonné d’importer de grandes quantités de drogue et diriger un grand réseau de dealers. Il a commencé son trafic voici une dizaine d’années dans les cités de la banlieue parisienne, et dispose aujourd’hui d’une armée de lieutenants qui lui versent des dividendes conséquents sur les recettes de leur marché local. Richissime, il n’a aucun mal à entretenir sa condition physique. La brigade des stupéfiants essaye depuis longtemps de le coincer mais n’a jusqu’à présent jamais réussi à prouver ses délits.

Lequel des 3 choisissez-vous maintenant ?

Bien sûr cette histoire révèle des caricatures, mais ce que je veux démontrer c’est qu’à chaque fois que la vie nous appelle à choisir, nos choix sont guidés par des éléments objectifs et suggestifs et qu’il n’est facile pour personne de trier. Notre émotion, nos sentiments, notre personnalité peuvent nous entrainer vers des réponses rapides et abruptes que la raison et la réflexion auraient sans aucun doute orienté différemment.

Méfions nous donc de nos jugements de premier regard. Les gens que nous croisons ne sont pas que des visages. Ils ont une histoire, un affect qui, si on en avait connaissance, nous rendraient bien humbles à plus d’un égard.

Pitty la souris

Pitty la souris, boulangère était.

Du fournil à la caisse, elle allait.

A la cave quatre chats fabriquaient

Les pains que Pitty vendaient.

Pain nature, pain de seigle ou pain raisin,

Chacun trouvait en ce lieu pain à sa faim.

Un jour pourtant un client en colère

Vint ramener à Pitty une pierre

Qu’il croqua, mine de rien,

A la place d’un raisin.

Alertés par les cris, les chatons

Grimpent l’échelle et viennent au front.

Point besoin de mots pour trouver qui a tort,

Le client doit toujours rester le plus fort.

Pitty est alors remerciée sur le champ,

Et le client, apaisé, repart content.

Peu importe donc combien l’on donne,

Le patron reste le patron,

Et méprise, pour sauver son fond

Les employés et les bonnes.

Pitty avait ici osé un pari,

Mais les chats ont toujours raison des souris.