L’Etat c’est nous, non ?

J’ai envie de réagir à cette révolte qui agite notre pays.

Les lendemains d’émeute se suivent et se répètent. 3 semaines à peine après que la France ait fait mémoire de son passé guerrier, de ses millions de morts pour la France sans que pour autant chaque mort ne trouve dans la guerre une quelconque justification, voilà que l’on fomente une révolution, prémices d’une guerre civile motivée par tant d’inégalités.

Les français sont des révolutionnaires et sont fiers de leurs revendications ; mais les motivations justifiées de la Révolution se font dépasser par des individus qui ne voient dans une révolution que l’instant d’instituer le chaos.

La France vante sa démocratie, alors que le français ne se sent démocrate que le jour où il insère un bulletin de vote dans une urne, brisant dès sa défaite toute notion de démocratie pour descendre dans la rue hurler contre le pouvoir élu au seul prétexte qu’il ne l’est pas de son fait.

La France vante les droits de l’homme et la liberté d’expression à condition que nul ne vienne attaquer le pré carré de son idéologie, de son courant de pensée ou de son patrimoine.

Le français s’insurge dès qu’on porte atteinte à ses droits, mais s’ingénie à contourner le droit dès que celui du groupe contrarie celui de l’individu.

Le français veut plus de justice à condition qu’elle lui soit favorable. La Justice est d’ailleurs d’autant plus juste qu’elle me donne raison.

Le français veut moins de taxes, mais plus d’équipements publics, plus de transports en commun et de préférence gratuits, une meilleure qualité des réseaux routiers,  la gratuité des autoroutes et la vitesse libre sauf devant chez soi parce c’est plus dangereux, le très haut débit pour tous, un salaire élevé, des vacances pour tous, plus de sécurité, un enseignement à effectifs réduits, une place pour tous en crèche, un médecin à proximité de tous, un accès aux soins gratuit, illimité et partout sur le territoire, la liberté d’entreprendre, d’embaucher, le plein emploi avec du travail pour tous, près de son domicile, une prise en charge à 100% des personnes âgées comme des enfants, la présence postale dans chaque quartier, l’énergie verte, plus de  pollution, le maintien des forêts et j’en oublie.

Bien sûr, tous ces désirs pourraient être exaucés si l’argent ne restait pas dans la poche des riches qui ne cessent de s’enrichir, pendant que des salariés dorment dans leur voiture, parce que leur salaire ne peut couvrir un loyer.

A ce qui pourrait passer pour une lapalissade, j’y vois quelques obstacles. D’abord, il est faux de penser qu’en appauvrissant les riches on enrichit les pauvres.Pourquoi ? Parce la société est ainsi faite que c’est la richesse d’une minorité qui produit les richesses du plus grand nombre. Certes, il est possible de réduire le gap, mais le faire relève plus d’un geste symbolique que d’une véritable avancée sociale. Oter 1 million d’euro à 1 individu pour le répartir à un million de personnes ne donne jamais qu’un seul euro à chaque individu. Augmenter le SMIC horaire de quelques centimes, représente des millions d’euro pour la collectivité, et malheureusement qu’une broutille pour le salarié. Mon raisonnement ne veut pas dire qu’il ne faut pas le faire. Je veux seulement démontrer que la volonté individuelle de gagner plus ne peut pas se faire en prenant dans la poche de ceux qui en ont plus.

Je pense que le système capitaliste a atteint ses limites dans la recherche du plaisir individuel, celui de posséder plutôt que de partager, celui de dominer plutôt que de collaborer, celui de consommer sans même profiter du peu que l’on a.

Trop nombreux sont ceux qui ne savent pas quoi faire de leur argent alors même que certains ne savent même pas comment se payer de quoi manger.

On le perçoit comme une injustice sociale souhaitant comme en 1789, que le peuple prenne aux riches tout ce qu’ils n’ont pas. Alors on se dit qu’en cassant tout, le monde va comprendre que le peuple est opprimé. Mais en 1789, comme en 1968, ou comme après chaque guerre, le peuple a-t-il été plus riche alors que les biens des riches furent  largement détruits ? Brûler des voitures, arracher du bitume, détruire les monuments historiques va-t-il rendre plus riches les habitants des banlieues ? Empêcher les gens d’aller travailler, mettre en péril leur emploi, bloquer les commerces va-t-il augmenter le pouvoir d’achat de ceux qui devront par leur fiscalité payer ce qu’il faudra réparer ?

Je ris de ceux qui croient toujours que c’est aux assurances de payer, à l’Etat de financer. Mais l’Etat c’est nous. Et l’Etat c’est nous dans le monde. Faire tourner la planche à billets pour créer de l’inflation, c’est faire perdre à la France une part de sa compétitivité et à brève échéance assassiner l’emploi.

Aujourd’hui le monde de l’entreprise n’existe que parce que certains ont investi leur richesse qu’elle soit personnelle ou actionnariale. Il est un fait que plus l’employé fournit du travail, et plus l’investisseur et/ou les actionnaires vont s’enrichir, et, sans doute parce que moins nombreux, plus rapidement que le travailleur. Alors, on s’insurge, parce que ce n’est pas juste. Pourquoi pas juste, je ne sais pas ! Inéquitable peut-être, mais injuste non. Inéquitable d’autant quand l’écart se creuse de façon abyssale, que les patrons gagnent des millions alors que les salariés voient leurs salaires bloqués.

Je voudrais pouvoir expliquer les raisons de ces inégalités, mais tant de pages seraient nécessaires que je suis sûr de ne pas être lu.

Bien ! La France est en faillite. Plus de sous pour fonctionner alors on essaie de colmater les brèches par où coule le navire. On ne peut couper les vivres et  et les possibilités d’enrichissement aux investisseurs, car ces derniers iraient investir ailleurs, et ce ne ferait que précipiter la faillite. On ne peut augmenter les salaires, pour les mêmes raisons car si le travail déjà très cher en France venait à coûter encore plus cher, les mêmes investisseurs partiraient à l’étranger. Augmenter les taxes directes ou indirectes comme la TVA plombe le pouvoir d’achat qui est déjà réduit au minimum pour la majorité des français.

L’Etat propose de tailler dans les finances publiques, en supprimant des équipements =>moins d’hôpitaux, moins de trésoreries, moins de bureaux de poste, moins de tribunaux, suppressions des réseaux ferrés secondaires, moins d’entretien des réseaux ferrés, routiers, télécom etc…, moins d’enseignants, moins de militaires, de policiers et de fonctionnaires de manière générale. Moralité, cela génère une paralysie quasi générale de notre service public, mais sur un malentendu, l’effet démagogique de l’effort de l’Etat peut passer.

Par contre l’Etat ne veut pas se lancer dans de grandes réformes structurelles. (Je rappelle que l’Etat c’est nous). Pas moins d’élus, pas moins de structures ou d’agences ou de commissions ou de services bien souvent inutiles mais générateurs d’un coût disproportionné pour le pays bien que créateurs d’emplois. Pas moins d’avantages en nature de toute sortes, appartements et/ou voitures de fonction, prise en charge de frais divers.

Peut-être parce que quarante années de fonctionnariat m’ont convaincu du bienfait du service du public, je regrette que la baisse des dépenses de l’Etat passe par une démolition du service public. Surtout qu’au final, il est clair que cela n’arrange en rien le pouvoir d’achat de l’usager qui au contraire doit faire des kilomètres supplémentaires pour atteindre un service qui est de moins en moins public et de plus en plus privé voué à l’hégémonie de la rentabilité.

Comme je refuse de rentrer dans les théories démagogiques à la Robin des Bois, je fais une proposition que j’aimerais voir reprise par les parlementaires :

Elle se résume à un slogan « toute condamnation doit être payée ».

Aujourd’hui celui qui est condamné à payer, une amende, une indemnité des remboursements etc…n’est pas poursuivi s’il ne peut pas payer pour des motifs divers et variés.

Et bien moi, je trouve cela vraiment injuste.

Je propose donc que les mêmes règles appliquées aux successions soient appliquées pour le paiement d’une dette, et que toute fraude, toute casse, tous frais consécutifs d’une faute soit payés en premier lieu par l’impétrant, et en cas d’insolvabilité, par ses ayants droits selon l’ordre successoral, et que les poursuites s’exercent jusqu’au règlement de la dette. Aux familles de régler leurs problèmes économiques communautaires à la place du contribuable.

Je vous laisse méditer sur les conséquences de ce projet de loi qui peut atteindre n’importe qui au moment où il s’y attend le moins. Peut-être que des assurances viendront couvrir le risque, mais on peut espérer que certaines familles verront leur devoir avant de parler de droits.

Et pour boucler avec le début de cet article, peut-être qu’ainsi les casseurs que l’on connaît et qui viennent jouer sur le terrain de manifestations fondées sur un mal être reconnu par tous, ne rentreraient pas impunis chez eux, pendant que vous et moi allons rembourser leurs dégâts.

Bonnes fêtes.

Compétence ou incompétence ?

Compétence ou incompétence ? Exigence ou intolérance ?

J’ai depuis longtemps cesser de me reposer sur la compétence des secrétaires ou autres assistant sans parler des répondeurs,  car combien de messages laissés sans suite, combien d’actions espérées sans lendemain !

Mais bon, c’est une bonne philosophie de ne pouvoir compter que sur soi-même, mais je m’interroge sur la qualité de service de ceux ou celles pour qui le travail consiste justement à transmettre des messages, ou s’assurer du suivi d’une action et qui ne s’en acquittent pas. S’agit-il de simples bénévoles au service d’un patron philanthropique ou de gens mal employés et donc, de fait, trop payés puisque payés pour ne pas faire.

Quelques exemples me reviennent comme celui d’une amie qui s’adresse à une agence immobilière pour qu’elle lui trouve une maison de 300 m2 en Normandie et que celle-ci la rappelle pour lui proposer une maison de 120m2 à Mantes La Jolie. On ne sait jamais sur un malentendu !

Ou cette autre qui envoie un de ses collaborateurs sur un chantier avec comme consigne de passer voir tel chantier à tel adresse pour voir si tout est correct. L’agent revient au bout d’une heure. « Dis-donc tu as fait vite, tu as noté quelque chose de particulier à me faire remonter ? » demande le chef « Ben non pourquoi, je suis passé voir en voiture, il fallait que je m’arrête ? » 

Ou encore cet artisan à qui je laisse un message au standard pour qu’un technicien me rappelle. Au bout de quinze jours toujours pas d’appel. Je rappelle le standard en  stipulant que le technicien ne m’a toujours pas rappelé. La responsable me répond : « En effet, j’ai bien votre postit là sur le bureau pour qu’il vous rappelle.  » Et …. toujours rien … le postit et le technicien ne se sont toujours pas rencontrés à l’heure où j’écris ces lignes.

Et tellement d’autres….

Mais aujourd’hui, notre Président de la République a commencé son discours commémoratif de l’armistice du 11/11/1918 sous l’Arc de Triomphe devant une batterie de micros qui ne fonctionnaient pas.

J’imagine que les équipes techniques et les services de la Présidence bossent sur cette affaire depuis quelques temps, et que l’ingénieur du son surement sélectionné parmi les meilleurs avait une équipe de techniciens exceptionnels dont le boulot consistait à brancher le bon fil au bon endroit, à veiller que les piles des micros sans fil soient neuves, à effectuer tous les réglages pour qu’il n’y aient aucune erreur ni aucun défaut dans la retransmission de cet évènement vu dans le monde entier en présence de 70 nations représentées par leur chef d’Etat ou délégué.  Bon, d’accord, il pleuvait, et pour une fois, ce n’était pas la faute à Hollande, il n’était pas là. Les commentaires ont bien justifié l’absence de Théresa May représentée par son N-1, mais ni Julie Gayet ni personne ne représentait François Hollande. Alors que parmi les ex présidents en état de se déplacer, Nicolas Sarkosy était bien là. Il s’est même levé en premier à la fin du boléro de Ravel, suivi par tous les officiels, histoire de bien montrer qu’il est encore, à son égo défendant, le Maitre du Monde.

Bref que penser de cet incident ? C’est fou ce qu’on pardonne l’incompétence dans notre pays ! C’est sûrement la faute de la pluie ! C’est pourtant facile, généralement quand on retransmet un évènement important de PARIS au monde entier, il pleut. Avant on pensait que c’était François Hollande qui portait la poisse, le sort s’acharne. Raison de plus pour prévoir l’incidence de la météo sur la technique ! Non, je suis sûr que personne n’est responsable. Et puis ce n’est pas bien grave ! Cela fait juste des mois que certains s’escriment pour un protocole réglé au millimètre, et voir une technicienne plateau tendre au chef de l’Etat un micro de substitution au moment le plus important de la matinée n’a probablement aucune importance. La terre tourne à défaut de notre pays.

Mais moi, que voulez-vous, l’irresponsabilité m’agace autant que ceux qui se plaignent toujours de ne pas être assez payés, ou qui pensent valoir autant sinon mieux que leur supérieur qui pourtant a 20 ans d’expérience de plus. Il n’est pas rare d’entendre certains employés dire que, pour ce qu’ils sont payés, il est heureux qu’ils viennent au boulot chaque matin et que si en plus il doivent exercer une mission, cela mérite le paiement d’heures supplémentaires.

Vive la France !

L’Etat est assassin

Oui, l’Etat est assassin. Dit comme ça, cela peut paraître outrancier mais que dire de cette décision de retirer le permis de conduire à ceux qui ne laisseraient pas la priorité successivement à 2 piétons ?

Cette disposition se rapporte à l’article R 415-11 du code de la route qui stipule que tout conducteur est tenu de céder le passage, au besoin en s’arrêtant, au piéton s’engageant régulièrement dans la traversée d’une chaussée ou manifestant clairement l’intention de le faire ou circulant dans une aire piétonne ou une zone de rencontre.

Cet article régulièrement modifié a vu une dernière mesure (décret 2018-795) porter le retrait de permis à 6 points et l’amende à 135 € .

540 piétons tués en 2016, 484 en 2017 suffisent à justifier la sévérité de la sanction, et nous voyons bien que les incivilités au code de la route ne font que s’accentuer. Ce qui est nouveau, c’est que depuis le 18 septembre 2018, la verbalisation peut se faire par vidéo surveillance.

C’est à dire que deux refus de priorité à un piéton vous amènent le retrait de votre permis. Un conducteur urbain prend le risque de se voir notifier des milliers d’euro d’amende en quelques jours et plusieurs notifications de retrait de permis même si la première est suffisante.

Le facteur va distribuer, insouciant une sentence qui va bousiller la vie de plusieurs milliers de citoyens qui, au vu d’une caméra, ne pourront plus utiliser leur véhicule pour aller travailler  ou vaquer à leurs occupations quotidiennes, car, rappelons le (cf article www.blog-mathieu.fr du 4/11/2018), nombreux sont ceux et celles qui ne disposent d’aucun moyen de transport alternatif à la voiture pour se déplacer.

1ère sentence : l’amende. Elle est forte et pourrait l’être davantage, car rien ne justifie que l’on écrase un piéton ! Mais pourquoi ne pas sanctionner aussi le piéton, comme dans de nombreux autres pays, lorsque celui-ci est en infraction en forçant le passage devant un automobiliste ou en traversant n’importe où.

2e sentence : Retrait de 6 points de permis. Il était de 4 auparavant, et l’article d’origine prévoyait même le retrait du permis de conduire pour une période de 3ans.

3e sentence : Difficulté voire impossibilité pour la personne s’étant fait retirer son permis de conduire de se réassurer pendant une période de 3 à 5 ans selon les assureurs. Lorsque vous établissez un devis pour assurer votre véhicule, une des premières questions est : « avez-vous fait l’objet d’un retrait de permis ces 3 (ou 5) dernières années ? ». Dans l’affirmative, votre demande est rejetée. Rappelons qu’en cas de retrait de permis, tout assuré a l’obligation d’en informer son assureur. Et ne croyez pas échapper à la restriction d’assurance en mettant le véhicule à un autre nom.

4e sentence : Problématique économique et sociale. Risque de perte d’emploi avec les conséquences psychologiques sur la vie de couple ou la vie de famille.

Ca fait beaucoup non pas au regard d’une vie sauvée, mais au fait que dans une circulation de plus en plus anarchique dans les métropoles urbaines, où les piétons circulent n’importe où et n’importe comment parmi des véhicules qui essaient de s’extraire d’embouteillages sans fin, la vidéo verbalisation me paraît avoir des limites.

Entraîner des milliers d’individus chaque jour dans une détresse sociale est assassin, car probablement que, face à certaines impasses, certains finiront sans doute par se suicider.

Celui qui commet un délit a droit à une défense, un jugement et peut en faire appel.

Celui qui refuse la priorité à un piéton est privé de pouvoir conduire pendant une durée indéterminée (liée au délai pour repasser le permis) avec tous les dommages collatéraux qui s’y réfèrent sans pouvoir imaginer le moindre recours.

Alors oui, l’Etat est assassin et c’est le facteur qui transporte l’arme du crime.

Soyez vigilent, surveillez votre boîte aux lettres. Ne laissez pas les enfants s’en approcher. Votre boîte aux lettres est désormais un lieu excessivement dangereux.

Essence trop chère

Bien sûr que l’essence est trop chère. Dès qu’un produit de consommation augmente, il devient trop cher ! Forcément. Dès qu’il baisse, c’est qu’il était trop cher avant. Logique, non ?

Le problème est moins le prix de l’essence que l’impact économique qui en découle. 

On peut augmenter indéfiniment le prix du tabac. Si le fumeur ne veut pas payer plus, il n’a qu’à fumer moins, voire s’arrêter. Le Ministère des Finances sait que l’addiction est telle que même à 1€ la clope, les drogués du tabac continueront à consommer, et que l’augmentation du prix compensera la baisse du nombre de fumeurs. 

Pour l’essence, c’est différent. Le microcosme écologique rêve d’un monde sans voiture à moteur thermique, forcément polluant. Qui donc souhaite un monde saturé de pollution pour les générations à venir ? 

40 années de fonction publique m’ont permis d’observer que nos gouvernants dans leur magnanimité politique commençaient toujours à supprimer les moyens avant de supprimer la cause de l’action. Aberration managériale, pour ne pas dire autrement. On supprime les emplois mais on laisse la mission qui devra être maintenue à qualité égale voire supérieure avec moins d’effectifs et moins de moyens. C’est ce mode opératoire qui se perpétue dans les collectivités territoriales, où l’on baisse les dotations budgétaires mais où on augmente les compétences, et les missions. C’est ce qui s’est passé à la SNCF, en supprimant les emplois de maintenance et on arrive à des catastrophes de type BRETIGNY.

Donc on augmente le prix de l’essence en espérant que le citoyen français laissera sa voiture au garage ! Vision urbaine de l’affaire, certainement. La voiture est aujourd’hui le moyen de transport privilégié car pour beaucoup de français, il n’y en a pas d’autre. Certes on peut se demander pourquoi les immatriculations parisiennes continuent de progresser, mais dès qu’on se déplace en Ile de France, les transports en commun s’avèrent vite très insuffisants. Quant au monde rural, c’est simple, il n’y en a pas.

Alors, augmenter le prix de l’essence et plus généralement des carburants, est un non sens. Car la majorité des citoyens ne peuvent faire autrement que d’utiliser leur voiture, pour travailler, pour conduire leurs enfants, à la crèche, à l’école, pour faire leurs courses, pour sortir.

Admettons que la part transport devienne aussi importante que la part logement, les consommateurs devront alors trancher et supprimer tout le superflu. Adieu alors aux participations culturelles, non parce que la Culture est superflue, elle est même vitale, mais une fois que le transport au travail aura absorber une grande part du budget mensuel, on fera l’impasse sur les sorties, sur les vacances et sur la consommation en général. Et puis pour les autres, à force de laisser sa voiture au garage, on la laissera aussi au concessionnaire et les ventes vont baisser. C’est d’ailleurs le cas ces dernières semaines alors que traditionnellement, la période qui suit le salon de l’auto est plutôt faste. Et si l’on touche à l’industrie automobile, on touche au poumon industriel de la France. Peut-être que l’idée du gouvernement est de favoriser le chômage pour minimiser les transports quotidiens ?

Et puis, l’essence et le gaz oil interfèrent sur tout, et son augmentation impacte forcément les coûts de production, et l’Etat ponctionne le porte monnaie du consommateur une deuxième fois à la caisse par le biais de la TVA.

Augmenter la fiscalité sur les produits pétroliers, c’est : 

  • baisser notre compétitivité au niveau international
  • favoriser la fermeture de toutes les stations services aux abords des frontières.
  • engendrer une baisse de l’activité industrielle automobile et générer du chômage.
  • augmenter le prix moyen du panier du consommateur, par l’impact sur les coûts de production et la hausse de la part de la TVA.
  • baisser le pouvoir d’achat du français, bien au-delà de sa propre consommation de carburants.

Imaginer une société sans gaz à effet de serre est une excellente idée visionnaire, mais il faut équiper un pays avant d’empêcher les gens d’y vivre :

  • construire des parkings gratuits aux abords des gares et aéroports
  • investir dans le transport rural 
  • cesser la fermeture de tous les réseaux ferroviaires secondaires.
  • investir massivement dans le ferroutage
  • rattraper le retard en matière de développement des télécommunications pour un THD pour tous pour 2020 afin de favoriser le télétravail.
  • contrôler les émissions polluantes de tous les industriels ou autres paquebots, et plutôt que de leur infliger des taxes, imposer des systèmes de filtration efficaces.

Les opérateurs téléphoniques ne sont pas des gens sérieux.

Depuis mon arrivée dans le Cantal, je me bats avec les opérateurs historiques de la téléphonie.

1- ADSL et Mobiles :

Client FREE depuis de nombreuses années, j’ai reconduit mon abonnement  FREE BOX et mobiles lors de mon déménagement sous la promesse d’un débit garanti de l’ordre de 20 Mbits. Devant les difficultés à obtenir des communications Voie et Data d’un niveau correcte, j’ai harcelé l’assistance de FREE aux fins de corrections et de tests. Ces gens, toujours fort aimables par ailleurs, m’ont promené pendant près de 4 mois m’obligeant à une kyrielle d’opérations, essais et mises en surveillance. Au final, un technicien, qui  a probablement été licencié depuis, m’a avoué qu’ORANGE bridait toute communication du fait de la mauvaise qualité de son réseau et qu’il n’y aurait aucune amélioration à court ni moyen terme. On attend la fibre ! J’ai donc convenu de résilier mon contrat faute de service. FREE a refuser de me rembourser les 49€ de frais de résiliation, ce qui est à mes yeux fort peu honnête, surtout que pendant toute la période où le service était dégradé voire inexistant, j’ai continué à payer plein tarif  mon abonnement sans aucune dégrèvement.

Je me suis alors approché des autres opérateurs qui tous m’assuraient une liaison data entre 15 et 30 Mbits sans pour autant me le garantir. Echaudé, et avant de conclure un contrat voué à l’échec, je suis allé contrôler les débits chez mes voisins abonnés à SFR, ORANGE ou BOUYGUES. Tous affichaient un débit minable, inférieur à 2Mbits (correspondant d’ailleurs au bridage par ORANGE).

J’essayais d’en discuter avec les multiples commerciaux qui tous ont tenté de me convertir au mieux disant de leur produit. Impossible de leur faire admettre que les données de leur logiciel n’étaient pas conformes  la réalité du terrain. Je leur ai demandé de se rapprocher de leurs équipes techniques pour vérifier ce qu’était cette réalité, mais j’ai appris que leur direction le leur interdisait.

J’ai donc baissé les bras devant l’ADSL. La fibre est annoncée, mais il y a encore de nombreux obstacles à franchir avant que ma maison soit distribuée. 

Je me suis donc tourné vers la 4G. A priori, SFR distribuait bien la 4G à CLAVIERES. Je bascule mes offres mobiles chez RED, la filiale SFR, et effectivement, la 4G arrive contrairement à FREE. Je demande alors à SFR de me fournir une box 4G pour faciliter mes échanges DATA. Réponse négative sous prétexte que je suis éligible à l’ADSL 20 Mbits. Fin du ban !

ORANGE ne fait pas de réelle box 4G, et BOUYGUES le plus avancé sur ce type de box, ne diffuse pas la 4G sur ma commune. 

Je suis donc passé au satellite et j’ai enfin du haut débit qui va me permettre d’alimenter plus fréquemment ce blog.

2- ARCEP – 1er acte

Je n’en suis pas resté là, et à force de parler des problèmes de télécommunications, je me suis aperçu que le CANTAL était sinistré et que les opérateurs restaient droits dans leur promesse de qualité de service mais n’assuraient plus le SAV, en particulier dans les secteurs éloignés des centres villes. J’ai découvert que certaines personnes n’avaient plus de téléphone depuis des mois, qu’INTERNET fonctionnait très mal en ADSL et que le déploiement de la 4G était très en retard. J’ai découvert que les élus se rassemblaient régulièrement pour voter des motions contre ORANGE dont l’entreprise se moquait sans réserve. J’ai découvert que toute l’économie d’un département et même d’une région était prise en otage par des opérateurs indifférents plus soucieux de préserver les dividendes de leurs actionnaires que de s’engager dans des opérations de maintenances. J’ai découvert que des personnes isolées n’étaient plus reliées à leur service de télé-assistance  faute  de télécommunication et que là on frisait la non assistance en personne en danger.  A noter que que même dégradé ou inexistant, les abonnements ne souffrent d’aucun dégrèvement. Un véritable scandale qui dure depuis des mois !

En septembre, j’ai donc écrit, en mettant en copie les élus de la communauté de communes de Saint Flour,  à M. le Président de L’ARCEP, pour lui rappeler sa mission de contrôle et principalement celui d’ORANGE, opérateur historique en charge au titre du service public du maintien du service universel. J’ai demandé à l’ARCEP d’instaurer des obligations de service minimum, et un système d’amende en cas de non respect. Le président de l’ARCEP m’a fait répondre par un chef de service  un courrier commercial vantant les actions de l’ARCEP dont aucune ne répondaient à mes questions. Trouvant cela parfaitement irresponsable et assujetti à un manquement grave des missions de l’agence, j’en ai référé au tuteur légal de l’ARCEP, M. le Président de la République le 8 octobre dernier.

3- ARCEP – ORANGE 2e acte

Voilà que le 23 octobre 2018, l’ARCEP réagit enfin et met en demeure ORANGE.

Extrait du communiqué de l’AFP :

L’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) a mis en demeure Orange le 23 octobre de respecter son obligation de qualité de service en tant qu’opérateur du service universel du téléphone fixe. Le régulateur a déploré dans un communiqué une « dégradation progressive de la qualité de service » de l’opérateur, censé proposer un service de téléphonie abordable et pour tous. Il cite des critères précis, comme le délai maximum pour traiter 85% des dérangements d’abonnés. Il devrait être de 48 heures mais ce délai a atteint 70 heures au premier trimestre, puis 63 heures au deuxième. Pour remédier à cette situation, l’ARCEP impose à Orange des « paliers » à respecter trimestriellement. Orange risque en théorie une sanction pouvant atteindre jusqu’à 5% de son chiffre d’affaires national, qui est de près de 1 milliard d’euros. « Si l’injonction n’est pas traitée sérieusement, Orange est sanctionnable dès le début de 2019 », met en garde le président de l’ARCEP, Sébastien Soriano, dans un entretien au Figaro. Par arrêté du 27 novembre 2017, Orange avait été désigné pour trois ans comme opérateur chargé de fournir les prestations « raccordement » et « service téléphonique » du service universel. (avec l’AFP)

4- ORANGE – ARCEP – 3e acte

ORANGE pleure et justifie ses manquements mais courbe le dos car il sait que s’il ne rectifie pas le tir, l’ARCEP appliquera les sanctions.

Extrait de la réponse d’ORANGE Parue dans les échos ce 25 octobre 2018 :

Alors qu’il vient d’être mis en demeure par l’Autorité des télécoms, Orange a souhaité s’expliquer dans les colonnes des Echos. Le secrétaire général de l’opérateur, Nicolas Guérin, y assure que, contrairement aux mises en garde de l’ArcepOrange a réalisé davantage d’opérations de maintenance cette année. Mais que ces dernières ont été réalisées « dans un environnement difficile » soutient le représentant d’Orange. D’après lui, l’ouragan Irma aux Antilles, les multiples vols de cuivre ou les récentes inondations dans l’Aude n’ont pas aidé l’opérateur a assuré ses obligations. Ce à quoi l’Arcep répond que ces événements ne « revêtent pas un caractère nouveau ». « Dans l’Aude, nous avons rétabli 88% des lignes dans les jours qui ont suivi la catastrophe » rappelle cependant M. Guérin.

En tant qu’opérateur universel, Orange est obligé, par décret du gouvernement, de fournir un service téléphonique à tous les Français quelle que soit leur localisation et à un prix abordable. S’il ne respecte pas les indicateurs fixés dans le décret, il risque une mise en demeure dans un premier temps. Ceci étant fait, Orange devra réguler sa situation selon le planning mis en place par l’Arcep et ceci dès la fin de l’année. Sinon, l’opérateur encourt une amende équivalente à 5% de son chiffre d’affaires du dernier exercice clos. Soit environ 902 millions d’euros si l’on se base sur les revenus de 2017 d’Orange en France : 18 milliards d’euros. Nicolas Guérin assure qu’il n’y aura pas à en arriver jusque-là et qu’Orange se pliera aux demandes de l’Arcep. Mais indique cependant que l’amende devrait plutôt être calculée sur la base du chiffre d’affaires de l’activité « voix » de l’opérateurs (11,5 Md€). Ou même carrément seulement sur celui du seul service universel (moins d’1 Md€)…

5- A suivre donc ….

La bataille vient de s’engager. Il faut écrire et publier encore et encore pour mettre à genoux ces opérateurs de télécommunications qui ne sont pas des gens sérieux et qui ont perdu de vue ce qu’était le service client et le service public. D’ailleurs pour faire court, n’est-ce pas tout simplement le service du public.

« Diego n’co » à Ruynes en Margeride

J’ai vu le spectacle « De rêve et d’ordinaire » par la compagnie Diego n’Co à Ruynes en Margeride (15320)

Quel merveilleux spectacle harmonieux plein de poésie.

Le lieux est magique. Le spectacle  se déroule dans un manège équestre très bien équipé en lumière et son. 7 artistes complets, à la fois cavaliers, acrobates ou jongleurs, donnent le meilleur d’eux mêmes pendant 1h45.

Des bénévoles apportent leur aide tant en coulisses qu’en régie, mais vous pouvez me croire, le spectacle n’a rien d’amateur. Les animaux sont magnifiques. On sent qu’ils sont choyés avec amour et n’ont rien de ceux qu’on voit habituellement dans les cirques. D’ailleurs la compagnie est implantée dans un centre équestre qui propose promenades ou reprises y compris cours de voltige, adossé à un parcours d’accrobranches.

  • « De rêve et d’ordinaire »» revient pour sa deuxième sai­son, encore plus beau, encore plus fort.
  • Un rêve qui ne devient pas réa­lité est un rêve qui n’a pas été assez rêvé. Encore faut-il pou­voir réus­sir à s’endormir… Mais sommes-nous vrai­ment obli­gés de dor­mir pour rêver? Et si notre quo­ti­dien se révé­lait être la source de toutes nos chi­mères…  « De rêve et d’ordinaire »» vous emmène dans une che­vau­chée uto­pique où bien des choses nous lie­ront au che­val. 

Une soirée à ne pas rater si vos pas vous emmènent dans la Margeride.

Le cas Martin Piche

Je suis allé voir au théâtre : « Le cas Martin Piche » écrit par Jacques Mougenot et mis en scène par Hervé Devolder. Ce sont eux deux qui l’interprètent.

J’ai beaucoup aimé la précision du texte et le choix des mots jouant sur leur double sens ou leur composition ouvrant des contre sens ou des malentendus forçant ainsi l’aspect comique. L’auteur nous renvoie certaines de nos attitudes qu’il nous arrive certainement d’adopter par esprit de politesse ou de courtoisie, alors qu’avisé il en décèle l’ennui.

Un homme vient consulter un neuro-psychiatre sous prétexte qu’il s’ennuie à longueur de journée. Il s’ennuie à un point !

Le médecin y voit là un cas rarissime, jamais exploré qui excite sa curiosité.

C’est admirable, et excellemment interprété. Cette pièce tient le haut de l’affiche depuis plusieurs mois et on comprend pourquoi. Paradoxalement on ne s’y ennuie pas une seconde et le final est renversant.

Quand je vois jouer un tel texte, je ne peux pas m’empêcher de comparer le style d’écriture avec celui que j’emploie dans « Désolé ! ». Pour le cas Martin Piche, c’est très comparable. L’histoire est tout autant surréaliste et la justesse des mots est mesurée pour déclencher les effets comiques sans jamais tomber dans le burlesque. Il faut écouter avec attention pour ne rien perdre des effets souhaités par l’auteur. C’est cette précision de l’écriture qui fait le succès de « Désolé ! » à l’image de Martin Piche.

Je note également, que les 2 acteurs auteurs et metteur en scène ne sont guère connus mais qu’ils ont toutefois bénéficié d’une production qui leur a permis de jouer à Paris durant des mois et en tournée nationale depuis un an au moins.

Je sais que le festival d’Avignon est un tremplin, et qu’il me semble avoir lu qu’Avignon fut le lieu de la découverte de cette pièce. Je sais aussi qu’Avignon affiche pendant la durée du festival près de 1500 spectacles dont seule une toute petite poignée atteindra un producteur distributeur. A l’inverse toutes les pièces ayant emporté un succès honorable et une large diffusion n’ont pas été créées à Avignon, et la présence à Avignon nécessite un budget très conséquent pour couvrir les frais d’hébergement, de restauration de location de salle et de publicité.

Notre compagnie, n’ayant pas ces moyens, nous comptons sur le bouche à oreille et nous satisfaisons du bonheur des spectateurs qui viennent à notre rencontre. Ce sera encore ainsi les 6-7-8 avril à FEREL (56) et LA TURBALLE (44)

https://www.youtube.com/watch?v=fTJyHGH6r-k

 

Prix littéraire MATMUT

La MATMUT associée aux éditions DENOEL organise chaque année un prix littéraire  du meilleur manuscrit.

J’avais en dehors de ce concours, envoyé mon manuscrit aux éditions DENOEL qui m’avaient reconduit, au prétexte habituel, que mon livre ne correspondait pas à leur ligne éditoriale. Je reviendrai dans un prochain article sur ce que les éditeurs entendent par ligne éditoriale

En attendant, quand je vois le palmarès 2018 de cette compétition, je suis inquiet sur les critères retenus et sur la qualité des membres des jurys. Je ne critique pas les manuscrits en soit et suis certain que les 2 primés ont écrit de belles œuvres littéraires, mais franchement, sont-ce des récits qui tentent le grand public.

J’ai la triste impression que ces affaires de compétitions et de jurys sont le fief de quelques intellectuels avertis qui se triturent les neurones pour faire jaillir le sentiment profond de leur réflexion métaphysique. C’est beau et intéressant, mais strictement réservé à eux-mêmes. Nous avons le même phénomène avec les César où les films grand public sont rarement primés.

C’est un choix, une ligne éditoriale peut-être. Pour ma part, je préfère donner du plaisir au maximum de lecteurs dans un roman qui n’est certes pas un grand moment de littérature, mais qui a le mérite de tenir en haleine le lecteur pendant quelques heures de complicité avec l’auteur. Merci à vous de lire aimer et faire aimer « Rien n’est anodin ».

Prix littéraire MATMUT :
Edition 2018,
Le jury du prix littéraire présidé par Philippe LABRO, s’est réuni le jeudi 22 mars pour désigner le Lauréat de cette édition 2018.
Les six manuscrits présentés auraient tous mérités d’être lauréat. Mais il faut choisir. Ce fut tellement difficile que pour cette édition, deux manuscrits seront récompensés, il s’agit de:

  • « 60 jours » de Sarah Marty qui recevra le prix spécial du jury MATMUT,
Et de
  • «  La nuit a mangé le ciel…la lune et les étoiles aussi (titre provisoire)» de Gauthier STEYER, lauréat 2018.

Le prix spécial du jury sera en librairie dès le 3mai 2018 et remis à son auteur le 17 mai par Daniel Havis, président du groupe MATMUT, Nicolas GOMART directeur général et Philippe LABRO, président du jury entouré de tous les membres.

Le prix 2018 sera remis dans les mêmes conditions au mois de septembre 2018.

« 60 jours » raconte le  périple bouleversant d’un groupe de quinze kurdes, hommes, femmes et enfants qui vont traverser l’Europe à la recherche d’un pays en paix où s’établir. Lorsque s’achève la lecture de ce récit  palpitant où se mêlent à chacune des pages espoir et désespoir, nous ne  pourrons plus dire que nous ne  savons pas.

«  La nuit a mangé le ciel…la lune et les étoiles aussi» (titre provisoire), nous plonge dans l’univers d’un enfant de 12 ans  arraché à sa mère  pour être placé dans une famille d’accueil. De fugues en structures d’accueil spécialisées, nous vivons le drame de l’incompréhension fracassée sur le mur des procédures. Nous découvrons l’univers particulier des cités de banlieues où cohabite le meilleur comme le pire.

Feydau à Mériel

Après plusieurs mois d’absence,le Théâtre de l’Empreinte se produisait à nouveau à Mériel à l’Espace Rive Gauche les 16 et 17 mars 2018.

En tant qu’Homme de Théâtre, il  m’est difficile de ne pas juger un spectacle avec un œil sans doute plus avisé.

Quand j’aime, et que je reconnais le talent, je le dis.

Quand je m’ennuie et regrette de m’être déplacé. Par honnêteté, je me dois de le dire aussi.

2 pièces de Théatre de Georges Feydau étaient représentées.

La première : » On purge bébé » fut l’objet d’une vocifération ininterrompue entre deux comédiens qui, certes possédaient leur rôle et leur texte, mais n’ont apporté que peu de nuances à un jeu qui m’a donné mal à la tête  avec l’envie viscérale de me sauver à l’entracte qui n’a malheureusement pas eu lieu.

La deuxième : « Léonie est en avance » m’a plongé dans l’ennui et je me suis endormi. Pardon d’avoir dérangé mes voisins par mes ronflements.

Je tire mon chapeau aux comédiens dont on sentait la bonne humeur et l’envie de  jouer. J’ai apprécié leur travail et connais la difficulté à rassembler 9 adultes amateurs autour d’un même projet.

Mais pour moi l’expression théâtrale est le résultat d’un travail où l’on apprend à jouer ensemble en étant conscient que derrière le rideau de lumière qui aveugle les comédiens, il y a des spectateurs qu’il nous faut entraîner dans notre jeu. Jouer n’est pas seulement, sauter, s’invectiver, claquer des portes et surtout pas réciter son rôle. Jouer c’est utiliser toutes les parties de son corps, de son visage, de ses gestes,  respirer, prendre le temps d’un silence, aller chercher le partenaire dans sa réplique, emporter le spectateur dans l’histoire et lui faire partager, complice, les états d’âmes des interprètes.

Le travail est partagé entre metteur en scène et acteurs. Le metteur en scène nourrit souvent des espoirs que les acteurs n’atteindront pas. Il faut parfois beaucoup de temps pour que l’acteur trouve au plus profond de lui-même les ressources qui lui permettent d’interpréter un rôle. Mais l’acteur a aussi besoin de l’art de la mise en scène pour l’aider à se trouver, à se positionner, à placer son geste et sa voix.

Après des décennies de mise en scène, je connais malheureusement, les frustrations des uns et des autres à ne pas parvenir au but que l’on aimerait atteindre.

Il ne faut pas baisser les bras et travailler encore et toujours.

Si on veut jouer la comédie, il faut accepter d’entendre que l’on n’a pas été bon et que l’on peut progresser. C’est d’ailleurs le fondement même de l’art théâtral. S’améliorer sans cesse.

Le bon comédien sait quand il n’a pas été bon ! C’est pourquoi, un jour il sera excellent.

 

https://www.facebook.com/TheatredelEmpreinteMeriel95/

Les faux British

Mercredi je suis allé voir « Les Faux British » au Théâtre Saint Georges à  Paris.

Excellente pièce très originale avec une mise en scène exceptionnelle, servie par des comédiens peu connus mais de grand talent.

Imaginez 7 amateurs de romans noirs anglais qui décident de créer un spectacle alors qu’ils ne sont jamais montés sur scène ! Ils ont choisi une pièce inédite, un véritable chef d’oeuvre écrit par Conan Doyle lui-même (enfin, c’est ce qu’ils prétendent !)… L’action se situe fin XIXème, dans un superbe manoir, lors d’une soirée de fiançailles, en plein coeur de l’Angleterre. Les festivités vont enfin commencer quand un meurtre est commis. Chacun des invités présents dans le château devient alors… un dangereux suspect.

Nos valeureux « comédiens d’un soir » vont très vite constater à leurs dépens que le théâtre nécessite énormément de rigueur. Malgré toute leur bonne volonté, les catastrophes vont s’enchaîner à un rythme endiablé. Dans ce joyeux désordre, nos Faux British, armés du légendaire flegme britannique, feront tout pour interpréter aussi dignement que possible ce thriller théâtral qui leur tient tant à coeur.

Réussiront-ils à terminer la pièce ? Dans quel état va-t-on les retrouver ?

Ce qui est sûr, c’est que le spectateur, lui, n’en finira plus de rire devant une telle succession de gags… so british !

Ils tiennent l’affiche depuis plusieurs mois et ont même reçu le Molière 2016.

A voir absolument