Dédicace à Saint Flour

Je serai à la maison de la presse (4 place de la halle aux Bleds) en ville haute à Saint Flour (15100) le samedi 25 août au matin durant toute la durée du marché pour dédicacer mon roman, « Rien n’est anodin ».

J’en profite pour rappeler que ce roman qui ne récolte que des avis élogieux et positifs (CF AMAZON) se distingue comme un des meilleurs thrillers de l’année 2018, et comme les vacances estivales sont une période privilégiée pour lire, c’est le moment de le commander sur le site d’AMAZON

J’ai fait la foire aux livres de Ruynes En Margeride (15)

Ce samedi 14 juillet 2018, j’ai fait la foire aux livres de Ruynes en Margeride.

J’avais, contre la modique somme de 7 €, réservé une place sous chapiteau, avisé des orages venant fréquemment perturber la fête nationale.  Juste histoire de ne pas contredire la coutume, quelques gouttes se sont invitées de bon matin obligeant quelques exposants à bâcher en urgence l’exposition de leurs ouvrages.

On avait annoncé une centaine d’exposants ! Je n’ai pas compté, mais ce fut une chose possible. Beaucoup de vendeurs de livres d’occasion à bon marché, quelques maisons d’édition et d’autres, à mon image, auto-éditeurs avides de séduire un public supposé bon lecteur.

Acquérir des livres à 0.50 ou 1 €, même si de nombreux doigts les ont feuilletés, reste un plaisir à faible coût. Les foires aux livres existent, et perdurent ce bonheur, où petits et grands peuvent jouir d’une bande dessinée ou d’un roman convoité.

Les autoéditeurs, ou les auteurs désirant écouler leur stock d’œuvres ne sont pas à la fête dans ce genre d’évènements.

L’édition à compte d’auteur ou l’autoédition oblige toujours l’auteur à pré-financer son stock. KDP (AMAZON) offre aux auteurs, le meilleur rapport de rémunération selon la règle des 3 tiers. 1/3 pour l’auteur, 1/3 pour l’imprimeur, 1/3 pour le distributeur. Ainsi lorsque vous achetez un stock de votre livre, AMAZON considère que vous en êtes aussi le distributeur, et seul l’imprimeur est rétribué. Les autres maisons d’édition n’offrent qu’une faible ristourne pour l’achat de stock et ne rémunèrent les auteurs qu’entre 5 et 10 % du prix de vente.

Aux auteurs en recherche d’éditeur, rappelons de ne jamais accepter un contrat d’un éditeur qui vous demande de prépayer (souvent plusieurs milliers d’euros) l’édition de votre livre.

J’avais à côté de moi, le directeur des Editions du Volcan, qui exposait nombre d’ouvrages sur un bon linéaire. Ce fut pour moi l’occasion de lui demander quelques explications sur cette fameuse ligne éditoriale derrière laquelle se retranchent  les maisons d’édition qui refusent un manuscrit. Sa réponse n’a fait que confirmer ma pensée. De ligne éditoriale, il n’y a point ! Seule prime l’impression du patron. Il aime ou il n’aime pas. S’il aime, il soumet au comité de lecture pour avis, et au final il tranche. In fine, ce n’est pas parce qu’une maison se réclame de polars qu’il éditera votre roman policier alors qu’une maison plus éclectique vous ouvrira peut-être ses portes. Mais il m’a dit aussi, ce qui n’étonnera personne, qu’il croule sous les manuscrits. Sérieusement, il essaie de les lire tous. Ceux qui lui tombent des mains au bout de quelques pages n’iront pas loin. Ceux qu’il lit avec plaisir jusqu’au bout méritent d’être retenus. Il prend alors contact avec l’auteur et cette entrevue lui permettra de savoir s’ils peuvent travailler ensemble, car selon mon interlocuteur, auteur et éditeur doivent avoir le même ressenti et être fusionnels. Aussi, il conseille aux auteurs d’envoyer au préalable de leur manuscrit, une lettre de motivation avec le pitch de l’ouvrage et la description de leur démarche d’auteur. Il dit sentir dans cette lettre si une relation avec l’auteur est plausible, et alors, seulement, il commandera le manuscrit. Aux Editions du Volcan, comme partout ailleurs, le délai de réponse est au minimum de 4 mois.

Je ne crois pas tellement à la lettre de motivation. Sans doute cela peut-il fonctionner dans de petites cellules, mais dans les grandes maisons d’édition qui reçoivent plusieurs milliers de manuscrits par an, ce sont les premières pages de lecture qui conditionnent l’avenir du livre. La relation fusionnelle n’arrive qu’in fine, une fois que l’œuvre a été choisie. De plus, j’ai idée qu’un écrivain laisse toujours un peu de lui dans ses écrits et un éditeur tout avisé qu’il est, doit être en mesure de percevoir entre les lignes la personnalité de l’auteur.

Donnons crédit à mon voisin du jour, mais le blabla fait aussi partie de la culture éditoriale. Soyons lucide le livre reste un produit qui ne vaut, dans la chaîne commerciale, que le prix de l’objet. Un éditeur lit et choisit en fonction de l’image qu’il pense que le grand public en aura. Sauf à détenir le moyen d’une jouissance personnelle qui ne peut être qu’exceptionnelle, un éditeur ne pense, comme tout responsable d’entreprise, qu’à son chiffre d’affaires. Et la lubie ne s’arrête point là, car les libraires abreuvés de centaines d’offres quotidiennes ne disposent sur leur linéaire que ce qu’ils sont sûrs d’écouler en volume et sans délai.

Pour obtenir cette assurance de distribution, il faut du marketing et ça, ça coûte. Si l’éditeur, sûr de son choix, mise sur vous, c’est le Graal. La chance est là et ça peut fonctionner, car aucun éditeur censé n’acceptera de miser à perte. Mais attention, le marketing littéraire n’est pas une « newsletter » expédiée dans un réseau de libraires ou quelques journalistes littéraires qui en reçoivent des dizaines chaque jour. Le marketing littéraire, c’est le matraquage tous médias confondus, c’est l’accompagnement de chaque instant qui suit la sortie du livre, de l’affichage, des interviews, des flyers, des dédicaces annoncées à grand coup de pub. C’est un budget de quelques centaines de milliers d’euros, mais l’éditeur s’y retrouve si le livre vendu une vingtaine d’euros atteint 100 000 ventes. Pour information, les 10 meilleures ventes oscillent chaque année entre 500 000 et 1 Million. CQFD. Il s’agit bien d’un business fortement lucratif, mais que sont 10 auteurs, même 100 dans la foule des milliers d’auteurs qui rêvent de ce succès.

Alors, que peut espérer un bambin auteur comme moi ?

J’ai déjà expliqué dans un précédent article la notion des 3 cercles. Le premier cercle, celui des amis et familles est rapidement atteint et conquis. Le deuxième cercle, si le livre plaît est amorcé par une lecture en seconde main relevant plus du prêt que d’un nouvel achat. Le 3e cercle, celui du grand public est un doux rêve qui n’est atteignable que si l’auteur accepte de miser un peu de fortune. Les offres alléchantes sont à portée de stylo. Facebook est un bon relais, les forums à thème également, les clubs de lecteurs, etc.. Mais tout cela demande beaucoup de temps et rares sont les écrivains qui s’y complaisent. Un auteur aime se retrouver devant son clavier pour écrire, créer, animer des personnages et des histoires. Faire du buzz pour animer les robots GOOGLE est rarement un kif. Pour cela il a besoin d’être aidé, et si certains s’ennuient sachez qu’il y a de la demande et probablement un peu d’argent à se faire.

Bref ma moisson d’hier se contenta donc du premier cercle. Le chaland passe devant les stands et ne s’arrête que s’il est attiré par une image, un nom, un truc dont il a déjà entendu parler. Ces séances de dédicace continueront donc de m’ennuyer encore longtemps, mais ne pas les faire serait enterrer l’œuvre. Alors c’est parti pour la prochaine à Pierrefort dans le Cantal le 21 octobre prochain.

 

News depuis mon Cantal

Quelques « news » ou nouvelles après un long silence épistolaire.

1- Les travaux de printemps :

Mon emménagement dans le Cantal occupe beaucoup  mes journées et il ne me reste que peu de temps pour me mettre au clavier et agrémenter mon blog, surtout que d’autres articles pour la presse professionnelle que j’enrichis chaque mois ainsi que d’autres rédactions ou relectures me réclament un ouvrage que je ne peux pas toujours différer.

Et puis le printemps est là et il faut débroussailler, tondre, jardiner et planter. Du travail toujours et encore, mais tant qu’il y a du plaisir … L’hiver viendra bien assez tôt.

2- Une QS déplorable de Free :

Je supporte avec une humeur de plus en plus dégradée, les affres de mon opérateur Télécom (Free) qui me facture une liaison Internet Box plein tarif tout en m’indiquant que pour des raisons techniques, Orange ne peut délivrer que 10 % du débit annoncé. On se demande pourquoi je paie ! et dans le « On », je me compte en premier 🙁

Conséquence : le temps perdu à me connecter aux affaires courantes ne l’est pas à alimenter mon blog ou entamer de nouveaux écrits

3- Le développement de « Rien n’est anodin » :

Les ventes se sont arrêtées début juin, mais les lectures continuent. Des commentaires parfois d’inconnu(e)s me parviennent soit en cours de lecture soit après en avoir terminé. Beaucoup me disent avoir acheté le livre lors de sa sortie et l’avoir mis de côté pour les vacances. Et justement, nous sommes fin juin, elles arrivent. Et si vous apercevez un jour sur une plage une ligne de lecteurs ou lectrices absorbés à l’unisson dans la lecture de « Rien n’est anodin ». Faites une photo et envoyez-la moi. 🙂

Et puis, le livre se passe de main en main. Il se lit et se relit. Il est même revendu d’occasion sur AMAZON. Qui passerait un livre qu’il n’a pas aimé ?

Je prépare les futures dédicaces dans le Cantal : le 14 juillet à Ruynes en Margeride et le 21 octobre à Pierrefort. Ce sont deux événements très visités chaque année. J’espère y rencontrer le succès que le livre mérite.

4- Les suites de « Désolé ! » :

La pièce de théâtre « Désolé ! » continue sur les rires de son succès. Après une mini tournée triomphante en avril en Bretagne, elle a été redemandée pour le festival d’été à La Turballe, en Loire Atlantique, le 15 août 2018.

Et puis de mi-novembre à fin janvier, chaque jeudi à 21h00, ce sera PARIS au théâtre Darius Milhaud dans le XIXe arrondissement.

Je dois aussi contacter la Communauté de Communes de Saint Flour pour programmer une tournée Cantalienne

5- Les projets :

J’ai eu une idée qui m’a traversé l’esprit pour la suite de « Rien n’est anodin ». J’imagine de retrouver Anne quelques années plus tard ayant abandonné son métier et sa fuite en avant pour un personnage plus en introspection s’interrogeant sur l’amour des autres au-delà de cette quête qui durant toutes ces années n’aura fait qu’entretenir son narcissisme.

Mais s’ouvrir aux autres aura aussi ses contraintes, et j’ai idée que cette suite pourrait s’intituler « Tout est contraignant ».

J’ai aussi le projet d’écrire une nouvelle pièce pour Marien et Naïg qui forment un beau duo à la scène.

6 – Et vous …

Je sais que vous êtes nombreux à me suivre sur Facebook ou sur ce blog. Vous êtes un soutien affectif et amical qui me touche beaucoup. Continuez à parler de mes œuvres ; ce n’est que du bonheur !

A suivre donc …

 

 

Dédicace dans le Val d’Oise – 26 mai à Mériel

Dédicace dans le Val d'Oise le 26 mai 2018 à MérielDédicace dans le  Val d’Oise. Samedi 26 mai, je serai présent à la bibliothèque municipale de Mériel pour un événement que l’on espère largement relayé par les réseaux sociaux et le réseau des bibliothèques du secteur.

Une dédicace n’est pas une activité que j’aime particulièrement. N’étant pas particulièrement connu du grand public, seul le bouche à oreille est susceptible de favoriser la venue de visiteurs motivés par l’achat du livre accompagné de la dédicace de l’auteur. Autant dire qu’une séance de dédicace est le résultat d’un marketing offensif en amont. A défaut, l’ennui gagne l’auteur et met à dure épreuve sa patience ou plutôt son impatience.

L’auteur qui bénéficie de l’appui d’une maison d’édition ou d’un attaché de presse peut espérer une promotion de l’événement au travers de réseaux choisis et /ou sur des médias de toute nature ciblés ou pas dans le domaine de la littérature. L’auto-éditeur que je suis ne peut compter que sur le réseau de ses ami(e)s réels ou virtuels sur Facebook par exemple.

Néanmoins, je ne renie rien, car du point de vue économique, je pense encore que le choix effectué de m’appuyer sur KDP-AMAZON est encore le plus rentable à mes yeux.

L’auteur débutant au-delà de la satisfaction d’être édité par une maison d’édition plus ou moins importante, va être entièrement phagocyté par celle-ci qui ne lui versera que de piètres royalties en l’échange d’une diffusion à bas coût. L’éditeur fabrique un mirage  à l’auteur, lui faisant miroiter un réseau de diffusion, une éventuelle adaptation cinématographique, une avance sur recette pour le prochain roman si celui-ci se vend bien. Mais sauf cas exceptionnel, l’éditeur étoffe son catalogue, sa fameuse ligne éditoriale, et mise quelques euro sur des retombées économiques qu’il espère. Si le retour n’est pas rapide et rentable, l’ouvrage finit dans un tiroir oublié de l’éditeur qui, mauvaise foi oblige, en fera retomber la responsabilité à l’auteur, qui soit n’aura pas fait assez de salons, de dédicaces, ou n’aura pas assez communiqué sur son livre.

Si l’éditeur perd de l’argent, c’est bien entendu la faute de l’auteur, qui n’aura pas accepté certains choix éditoriaux, ou n’aura pas assez travaillé ses personnages, ou n’aura pas assez creusé l’histoire.

Mais si l’éditeur gagne de l’argent, alors il encensera l’auteur, car plus l’auteur est aimé, plus l’éditeur gagne rapidement de l’argent, alors que l’auteur doit attendre des ventes à 4 ou 5 zéros pour voir se matérialiser un premier capital. Et le succès appelle le succès. Dès que le nom de l’ouvrage, ou de l’auteur commencera à pénétrer le 3e cercle, celui du grand public, alors tous les événements  qui s’y attachent prendront sens. Les séances de dédicace attireront les foules, et la présence de l’auteur sera recherchée et attendue. Le schéma s’inverse, ce n’est plus l’auteur qui organise une dédicace pour se faire connaître ; c’est parce qu’il est connu et attendu, que la dédicace devient un moment recherché par les libraires ou bibliothèques pour attirer la clientèle et créer le buzz.

Tout est possible, et même si rien n’est anodin, il faut miser sur la chance et surtout sur les rencontres. J’y crois bien sûr car je sais que mon livre n’a rien à envier à ceux qui ont fait le succès de leurs auteurs. J’y crois parce que les premiers lecteurs m’ont avoué leur surprise à découvrir la richesse de l’écriture et combien ils ont été captivés par cette histoire. J’y crois parce que rien n’est anodin,  et que si on ne favorise pas un peu la chance en allant au-devant des futurs lecteurs, on peut ne jamais les apprivoiser.

Alors Mériel, Dédicace dans le Val d’Oise,  ouvre une série de dédicaces dont je livrerai les dates au fur et à mesure. Je suis sûr que le bouche à oreille va fonctionner et que j’y rencontrerai de nouveaux lecteurs et lectrices qui se laisseront séduire par ce livre qui depuis février en a déjà conquis beaucoup.

A samedi.

Emménagement

Une fois les formalités remplies chez le notaire, celui-ci me confie une petite clef laissée par l’ancienne propriétaire à mon intention.

Nous sommes en confiance et il s’est avéré inutile d’effectuer une ultime visite des lieux avant signature.

Nous voici chez nous dans une maison vide et froide. Nos meubles n’arriveront que dans 3 jours. Mais il y a tant à faire : Balayer dépoussiérer, nettoyer vérifier les emplacements futurs des meubles et la répartition des cartons à venir sur les différents niveaux.

Le matin convenu vers 8h00, le camion arrive. Ils sont 4 et nous deux. Il fait beau, la chance ! Mais la tempête est quand même dans la maison. « Madame, Monsieur, je vous mets ça où ? » Nous avions bien pensé à étiqueter chaque carton en fonction de son niveau mais les meubles quant à eux doivent être posés aux bons emplacements. Tout va si vite surtout que l’on n’est pas toujours très fixé sur la place de tel ou tel fauteuil ou tel ou tel console, mais pas grave , l’essentiel est de positionner ce qui est lourd.

A midi trente, ils sont partis. Les deux camions vidés, les meubles montés et les cartons empilés à leur bon niveau. Sans casse, dans la bonne humeur, la courtoisie et l’humour. Chapeau les gars ! 20/20 aux déménageurs Michel Visy.

La journée n’est pas fini. Il nous faut encore déballer les cartons en fonction de notre urgence. Tout a été listé, et le tri est aisé. En 48h le RDC et l’étage sont rangés. Pour le sous-sol on a le temps.

Même si la maison est très confortable, il nous faut encore compléter certains équipements et surtout continuer à récurer murs et plafonds qui se sont noircis avec le temps. Un œil nouveau peut le constater alors que l’habitant ne mesure pas toujours le passage du temps.

Il nous reste une vie, probablement une fin de vie car nous comptons bien ne plus bouger de ce nouveau paradis, pour parfaire ce chez nous à nous. Nous allons raviver certains lieux, changer des couleurs par ci par là et nous équiper au mieux.

Nous allons construire ce bonheur à deux en espérant que de longues années nous attendant pour en profiter et en faire profiter tous ceux et celles qui nous rendront visite.

A très bientôt dans le Cantal

Déménagement

Un temps de silence. Quelques jours d’absence où l’écriture se fait attendre et où le temps s’écoule avec tumulte, sans trêve, où même le repos ne repose plus, tant il y a à penser, à faire et même à défaire.

Un déménagement ferme une vie en ouvre une autre.

Il faut décider, classer, jeter, archiver, emballer, empaqueter, encartonner. On se croirait dans un dictionnaire de synonymes alors que chaque geste a sa particularité, sa façon de hiérarchiser l’information.
Dans les cartons, les sacs et valises, chaque objet a sa place, bien répertorié afin qu’à destination chaque objet ait sa place.
Des semaines et des mois à tout préparer pour que le jour J ou plutôt le D day comme déménagement, il n’y ait plus qu’à charger. Mais c’est quand on pense que tout est fin prêt, qu’on s’aperçoit qu’il y a encore tant à faire.

Un déménagement ferme une vie. En tirant la porte et en tournant la clef dans la serrure avant de la remettre à ceux qui viendront, à leur tour, poursuivre ma vie ou vivre la leur, je clos définitivement l’écriture des chapitres liés à ce lieu.
Peu importe qu’on ait aimé, ri, pleuré, crié de joie ou souffert, la page est tournée. On n’y reviendra plus ou alors visiteur d’un lieu qui aura su effacer toute trace du passé.
En choisissant de garder ce qui me suivrait, il m’a fallu m’affranchir de ce que je devais abandonner et me guérir ainsi du syndrome de Diogène. Il y a ce qui ne m’a pas servi depuis 20 ans mais dont je risque d’avoir besoin dans ma nouvelle vie, mais il y a aussi, ce dont je me suis tant servi, que je n’en aurai certainement plus jamais l’utilité. Il y a ce qui m’appartient, et ce qui appartient à mes chers disparus. Est-ce le moment de m’en séparer ? J’hésite. Je déplace d’une pile sur une autre. Je jette ce qui n’a plus aucun intérêt, des décomptes de soins ou des fiches de paie. De quoi pourrais-je bien avoir besoin, maintenant qu’ils sont morts ? En fait je ne jette pas, je brûle car on ne sait jamais. Et vraiment l’expression prend ici tout son sens, car nul ne sait ce qu’il pourrait faire de tant de papiers liés à une personne décédée. J’en conserve suffisamment pour ne pas oublier, pour que ceux qui me survivront n’oublient pas non plus. Je trouve des médailles militaires sans intérêt pour moi qui n’ait jamais combattu ni porté arme, mais qui semble porter sens dans la famille. Les médailles, une façon de faire mémoire, de ne pas oublier !

Petit à petit, je soigne ma syllogomanie. Je me débarrasse, donne ou vend le superflu. Mais le strict nécessaire à mes yeux, remplit deux camions et 75 m3.  J’ai honte ! Je me cherche tout plein d’excuses, justifiant cet amas de biens comme n’étant pas miens mais ceux de ma famille, de mon clan. Je refuse de regarder ceux qui n’ont rien qui se déplacent d’un porche à l’autre avec quelques cabas entassés sur un chariot de super marché.

Et puis, l’équipe de déménageurs arrive, organisée, méticuleuse me happant de pièce en pièce forçant une ultime décision de ce qui part de ce qui reste. Il faut être partout à la fois, s’essoufflant pour ne rien oublier pour terminer épuisé, assis sur les marches, SDF quelques heures, nomade, démuni de tout mais avec la certitude que tout cela est éphémère, tout en sachant que d’autres moins chanceux ont connu une situation semblable mais définitive.

Alors, il faut bien se dire adieu. Regarder ces murs qui m’ont abrité, prémuni de tout envahisseur moral et physique, qui m’ont protégé y compris de moi-même. J’ai bien senti ces derniers temps que la maison se rebellait en refusant d’être quittée. Peur d’être abandonnée sans doute ! Quelques sinistres de fin de vie, histoire de montrer qu’elle en avait encore, la bicoque ! Et puis les nouveaux l’ont tâtée sous tous les angles, et cela semble l’avoir rassurée. Elle s’est calmée et s’est faite à ce changement de locataire. Je dis locataire, car le vrai propriétaire c’est elle.

Un dernier ménage, un dernier tour, un œil sur le jardin, quelques photos pour le souvenir. Ah, la garce m’a fait un dernier pet sur le carrelage de la cuisine. M’en fout ! Je fais  semblant de ne rien voir, elle aurait été trop contente ! Adieu, ma chérie ! On se reverra peut-être, ou pas. Sois heureuse avec ceux qui dès demain tourneront la clef de leur nouveau chez eux. Accueille-les comme si c’était nous qui revenions.

Je démarre la voiture et m’en vais sans un regard dans le rétroviseur.

 

 

3 jours en Bretagne

 

Week-End Théâtre :

Du  6 au 8 avril 2018, Marien Legrand et Naïg Moullec (Compagnie Show Devant) ont interprété  ma pièce « Désolé ! » devant près de 400 personnes au total au profit de l’association Lansenn (Vivre avec l’autisme).

Cette pièce est une comédie qui touche les âmes.

Une femme désire organiser les obsèques de son défunt mari et s’adresse à l’agence de pompes funèbres « FUN comme Funéraire ».

Elle est reçue par un jeune homme passionné par son travail qui va l’aider à préparer la cérémonie.

Elle pensait que l’affaire serait vite expédiée, mais les exigences et les précisions fournies par le jeune homme vont entraîner le public dans une ambiance surréaliste où l’on rit beaucoup.

C’est de l’humour noir, mais la pièce ne tombe jamais dans le burlesque ou le vulgaire. C’est d’ailleurs ce qui enchante les spectateurs. Ils se surprennent à rire d’un sujet qui ne s’y prête pas. Si le trait est parfois forcé, rien de ce qui concerne le funéraire n’est inventé, même si certains découvrent parfois des options qu’ils n’avaient pas imaginées.

Après avoir joué cette pièce avec 3 comédiennes différentes, Show Devant a enfin trouvé en la personne de Naïg Moullec une actrice de grand talent, magistrale dans ce rôle de veuve peu éplorée. Marien et Naïg  sont exceptionnels ce qui ne fait qu’amplifier l’aura de ce texte excessivement précis dans la joute des mots qu’il envoie.

Toutefois, les 3 représentations ont eu un rendu inégal et voici mon analyse.

Analyse :

Ce type de comédie fonctionne mieux avec un grand public, qu’un public confidentiel. Plus le public est nombreux et plus il rit ouvertement. J’en déduis donc, que compte tenu du sujet, le nombre libère et décomplexe. Comme quoi la mort reste encore un sujet qui ne met pas à l’aise. Pourtant une chose est sûre, nous allons tous mourir un jour, et même si le plus tard est le mieux, pourquoi ne pas affronter la mort par le rire qui demeure  un excellent moyen de vaincre notre souffrance morale.

Les comédiens sont plus à l’aise sur une scène qu’au même niveau que le public. La scène protège l’acteur. Il circonscrit son domaine et se sent ainsi protégé. Car même bourré de talent, le trac est là et se sentir à portée de main du premier rang déstabilise. Sacha Guitry répondit à un jeune acteur qui se vantait de ne pas avoir de trac en montant sur scène : »Ne vous inquiétez pas, cela viendra avec le talent ». Ajoutons que, jouer à niveau égal limite forcément la vision des spectateurs qui dès le 3e rang, n’ont plus de visibilité sur le jeu des acteurs dès lors que ces derniers jouent assis.

Les adolescents se déplacent peu au théâtre. Quel dommage ! La preuve donc que nos jeunes sont tellement impliqués par l’audio visuel (cinéma, ordinateur, téléphone, jeu vidéo …) qu’ils en négligent la proximité avec les acteurs qui s’expriment sans écran interposé. Certains lycées ou collèges réagissent en donnant résidence au théâtre, et en encourageant cette option au bac. Je suis de ceux qui pensent que le théâtre devrait être une matière obligatoire de l’enseignement. Le théâtre instruit l’art de communiquer, de placer sa voix, de stabiliser son corps et de contrôler sa gestuelle. Le théâtre donne l’assurance qui manque à certains jeunes qui ne savent comment transmettre leurs goûts et aspirations. Il forge la personnalité et assoit l’Homme dans notre société.

Bilan :

Je suis vraiment très heureux tant comme auteur que comme metteur en scène d’avoir réussi à construire ce duo et souhaite longue vie à « Désolé ! »

Nous sommes déjà  requis pour le festival d’été à LA TURBALLE où nous rejouerons le 15 août.