Et après le COVID, quelle modèle de société pour la France ?

Comment la France en est-elle arrivée là ? Compter ses morts jour après jour et s’alarmer sur son déclin pourtant annoncé depuis tant de mois !


Notre société ne souffre que trop du « c’est pas ma faute ». La Droite partage autant que la Gauche la situation de notre pays. Peut-être pas pour les mêmes raisons, mais la complémentarité des 2 faillites nous a menés au fond du gouffre.
Nous avons bâti une France des groupes parlementaires, des agences gouvernementales, des institutions inutiles et chères dont on pourrait se demander si la seule légitimité ne serait pas d’apporter des revenus indemnitaires aux suppos du pouvoir.
Nous avons bâti une France sous-développée, basée sur le mensonge au peuple à qui on veut faire croire que l’Etat tout comme l’entreprise n’oeuvre que pour son bien être, alors qu’inversement, le système n’existe que pour favoriser la réussite individuelle. Celui qui est en responsabilité surveille d’un oeil sa chaise et les fesses qui y sont posées et d’un autre oeil la prospérité de son portefeuille et de son patrimoine. On dit que c’est la faute du capitalisme, alors que ce n’est que de l’orgueil et de l’égo mal investi.


Cette pandémie aura pointé du doigt la misère de notre pays, et encore qu’un bout de cette misère car on n’en voit que la face émergée de l’Institution.


La Santé que soit disant le monde entier nous envie manque de tout et nul dirigeant ne pouvait l’ignorer.  Il y a six ans, alors hospitalisé, je devais choisir entre une couverture ou un oreiller. Aujourd’hui la situation a encore empirée. L’hôpital  manque de tout, et les médecins doivent sans cesse arbitrer leur choix en fonction de données économiques et non médicales. C’est un véritable scandale sanitaire dont on cherche les causes dans tous les endroits autres que ceux qui relèvent de la véritable responsabilité politique.

Nous avons de fantastiques ingénieurs qui innovent, déposent des brevets cherchent les meilleures solutions technologiques, et dès que l’Avenir pointe son nez on lui préfère le conservatisme. Le Français a toujours voté pour le changement, mais se révolte dès qu’on lui change ses habitudes et son confort.
Depuis quand la France n’a-t-elle pas été rassemblée derrière un grand projet. Nous ne savons que nous diviser dès qu’une idée surgit. Les politiques  sont les architectes de ces divisions, car être contre est sans aucun doute le meilleur moyen d’être reconnu voire connu pour certains. Les médias ne font qu’alimenter le fleuve malsain et jouissif des divisions du peuple ; la polémique  est leur raison de vivre. A l’heure de l’info en direct, les journalistes sont obsédés par ce qui pourrait leur échapper l’oeil rivé sur le choix éditorial du confrère néanmoins concurrent dans la quête du scoop. Quelle tristesse que ce manque d’imagination éditorial, cette banalité du quotidien relayée à l’infini de chaîne en chaîne et décryptée par une presse écrite qui tente de survivre par mimétisme plus que par génie !

La France est sous-développée en matière de communications et de télécommunications. Les transports n’ont plus évolué depuis la création d’Airbus et du TGV. Chaque décennie nous apporte son lot de gain de temps sur quelques liaisons grande vitesse, mais le réseau secondaire n’est plus entretenu, les gares se ferment, la province s’enclave et le réseau Francilien est à l’asphyxie. On programme des investissements à 30 ans alors même qu’ils auraient du être programmés voici 30 ans. Idem pour les télécommunications ;  nous avons vu tant de révolutions en près d’un siècle. On se souvient encore du 22 à Asnières, sketch célèbre du regretté Fernand Raynaud. Mais à l’heure des Smartphones capables de gérer chaque instant de notre vie, nous subissons les aléas d’un réseau pourri et mal entretenu. J’ai honte quand je vois chaque jour la mauvaise qualité des télé-entretiens aux journaux télévisés, les télévisions devraient pourtant être à la pointe de la technologie mais elles sont encore à la merci de réseaux de visio-conférence étrangers. Comme pour l’hôpital, les systèmes de télécommunications sont saturés, la bande passante auto partagée, est limitée à la portion congrue pour chaque abonné qui pourtant se voit offrir chaque jour des services supplémentaires portés par un mensonge immonde de tous les fournisseurs d’accès (FAI) qui vendent à leur public une QS que seuls quelques privilégiés déjà greffés sur les nouveaux supports modernes tels que la fibre optique à THD peuvent prétendre. 
Cette infime quantité de personnes heureuses d’un Haut Débit laisse croire aux pouvoirs publics que la France est en grande majorité raccordée alors qu’il n’en ait rien, que les zones blanches restent désespérément blanches dans l’espoir d’une amélioration promise depuis des années mais sans cesse repoussée. 30 ans que la FO existe et nous en sommes encore qu’aux balbutiements de son déploiement et de sa fiabilité . C’est un scandale quand les opérateurs de télécommunications engrangent les bénéfices ! A quoi peut donc bien servir l’ARCEP ? A Mériel, la ville où je suis encore élu, une partie de la population est privée d’Internet depuis plus de 15 jours, et le rétablissement n’est annoncé que pour dans une semaine. Où est le service public ? Que sont devenus les dépannages dans la journée ? Où sont les astreintes du personnel pour qu’aucune coupure prolongée de réseau ne puisse se produire ?


Je pourrais continuer de lister le déclin de notre pays qui va continuer de voir ses routes se dégrader, les accidents ferroviaires se multiplier, peut-être des crashs d’avion nous tétaniser ! 


Quelles solutions ?

Ma première solution est de désolidariser la richesse du pouvoir ! J’aimerais que la décision et le pouvoir appartiennent à des gens qui n’y trouvent aucune source d’enrichissement. C’est une utopie ! Car personne n’est tenté gratuitement par l’exercice du pouvoir.

Ma deuxième solution est de renforcer le service public jusqu’à ce que cela devienne obsessionnel. Cela ne veut pas dire plus de fonctionnaires et/ou plus d’entreprises nationalisés. Cela veut dire que toute institution, toute entreprise doit mettre toute sa stratégie au service de son public. Ce n’est donc plus la productivité ou la trésorerie qui feront la richesse ou la cotation boursière d’un entreprise mais son indice de satisfaction sa qualité de service, que ses clients soient des particuliers, d’autres entreprises, PME, PMI ou Grandes industries. Comment peut-on entendre qu’ORANGE manque de moyens pour assurer la QS de ses clients, alors qu’elle verse des dividendes à ses actionnaires. Là encore ça ne veut pas dire qu’il faut entreprendre au-delà de la survie de l’entreprise, par un emploi massif déraisonné ou une politique salariale asphyxiante. Il faut apprendre à diriger autrement. Utopie ? A voir !

Ma troisième solution est de faire confiance aux 2 premières solutions et d’arrêter de descendre dans la rue dès qu’on nous demande de changer nos comportements. C’est peut-être là la plus grande de mes utopies !


A suivre…
Mathieu

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