Le Grand Débat

Je suis de ceux qui pensent que le Grand Débat est un mouvement de manche démagogique laissant à tout un chacun l’impression qu’il est quelqu’un d’important capable de sauver le pays, voire de sauver le monde.

Je n’irai certainement pas m’afficher dans une lieu de rencontre pour faire nombre. A mon sens , le nombre de participants et la multiplication des lieux de débat ne font que disperser et diluer les idées. Comme écrit dans un précédent article, il ne restera que le confort des idées du gouvernement qui, ne l’oublions jamais, a été élu selon des idées que la majorité des français ayant voté ont validé. En fait ce grand débat est une belle démonstration de démocratie, un outil au service du président élu qui trouve là le moyen de décrire et justifier son programme, un bel outil de propagande empli d’empathie et d’honnêteté affichée. De Gaulle clamait « Je vous ai compris ». Macron dit « Je vous écoute, mais entendez-moi ».

Si certains pensent que la rue et les manifs sont l’expression de la démocratie, je n’en suis pas sûr et reste sur l’idée que le résultat d’un scrutin demeure la démocratie à laquelle on doit se résoudre avec joie et fierté. Tant de peuples se battent encore pour l’acquérir !

Bref, bien que trouvant ce Grand Débat probablement inutile, j’ai, après hésitation, accepté d’y laisser ma contribution au prétexte que son mépris m’ôtait le droit à la critique de la même manière que celui qui ne vote pas n’a aucune légitimité à débattre sur le résultat d’une élection.

Il y a un sujet qui me tient à coeur : le gâchis de la dépense publique. D’abord parce que le gâchis qu’il soit alimentaire, éducatif, ou financier … m’a toujours exaspéré ; ensuite parce que c’est mon argent qui finance ce gâchis et qu’au bout de quelques décennies, cela en devient inadmissible. De plus, un des enjeux du débat public du moment est la juste répartition des richesses et donc de l’impôt. Il m’insupporte donc de payer à la place des autres. Voici donc le contenu de ma contribution au Grand Débat :

Comme tout contribuable, j’accepte que mon impôt soit justement utilisé, et bannis toute forme de gâchis. Chaque fois que c’est mon argent qu’on utilise pour combler la dépense générée par quelqu’un qui ne s’acquitte pas de sa propre dette, je suis exaspéré. Les casseurs sont à classer dans cette catégorie. Attrapés et jugés insolvables, c’est encore le contribuable qui va devoir mettre près d’un milliard de sa poche.
800 000 conducteurs circulent sans assurance, le FGAO a engagé 137 millions d’euro en 2017 et n’en a récupéré que 11,6. Le déficit sera réparti dans les primes des assurés bons payeurs.
Des millions d’amendes ou de condamnations ne sont jamais recouvertes faute d’insolvabilité de la personne en faute.
Cela n’est plus marginal et en devient inadmissible. Peut-on imaginer que l’argent investi à colmater cette hémorragie puisse être utilisé à meilleur escient pour le bien-être de tous que ce soit pour des prestations sociales ou l’amélioration du service public ?
Dès lors que la Justice a déclaré coupable un individu et qu’elle l’a condamné à indemniser une victime ou payer une amende, l’individu ne doit plus pouvoir se retrancher derrière son insolvabilité. Le JAP* doit disposer des moyens juridiques pour recouvrer la dette auprès de ses ayants droits dans le même ordre que l’ordre successoral.
Pourquoi accepte-t-on la logique d’un héritage dans un ordre successoral établi et non l’héritage de la dette à la nation d’un membre de la famille qui profite de son insolvabilité pour pill
er le patrimoine privé ou public ?
De plus, ce projet de loi aurait le mérite de mettre devant leur responsabilité parents et familles, qui au lieu d’attendre tout de l’Etat, seront contraints de veiller sur les dévoiements de leur proches s’ils ne veulent pas être condamnés à réparer à vie la faute d’un des leurs.

D’une part je ne me fais aucune illusion sur l’aboutissement d’une telle idée, mais l’essentiel est de participer à la compétition. La gagner devient une option ! Peu de politiques, devant le tollé de boucliers qui ne manqueront pas de se lever, auront le courage de défendre ce projet de loi.

J’entends bien sûr les opposants qui hurleront au fascisme et à l’Etat responsable de la paupérisation de certains qui les forcent à la marginalité, ou l’abandon des parents dans l’impossibilité de pouvoir exercer la moindre autorité sur leurs enfants qui les insultent voire les battent.

Je me souviens quand même d’un temps, pas si lointain, où les parents avaient de l’autorité et où la famille ne démissionnait pas au pied de la moindre difficulté. Nous avons la société qu’on mérite, celle où l’on croit que la liberté est de tout permettre et de tout accepter sauf quand cette largesse atteint notre patrimoine immobilier, mobilier, physique ou affectif.

On pointe l’irresponsabilité de certains mais refusons la responsabilité de nos actes et pensées.

Ce que je propose c’est d’appeler un chat un chat et qu’après le slogan pollueur payeur, on applique factuellement le droit qui inscrit dans notre loi que, l’auteur d’un acte ou d’une négligence qui a causé un dommage à autrui doit réparer le préjudice en versant à la victime des dommages et intérêts. (ART 1240 à 1244 du code civil), que toute personne ayant subi un préjudice résultant de faits volontaires ou non qui présentent le caractère matériel d’une infraction peut obtenir la réparation intégrale des dommages qui résultent des atteintes à la personne. (ART 706-3 du Code de Procédure Pénale).

Y a qu’à non ?

  • : JAP = Juge d’Application des Peines

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