Jour de voeux

Le passage à la nouvelle année s’accompagne de la litanie des voeux que chacun exerce avec plus ou moins de bonheur. Il y a les voeux quasi obligés, ceux que l’on doit par notre profession, ou nos divers engagements voire tout simplement selon le lien social de notre environnement. Ceux-là relèvent d’un protocole incontournable. Ainsi durant le mois de janvier, le « Bonjour comment ça va » se transforme en « Bonjour, bonne année ». Sans trop savoir, on a l’impression que si on n’énonce pas le bon sésame, on est à côté, avec le sentiment d’avoir commis un sérieux impair de courtoisie ou de politesse. Enfin, ça c’est pour les voeux échangés de vive voix car par écrit, il en va plutôt d’une alternance entre une pauvreté imaginative du verbe et la reproduction à l’envi de messages pré-formatés glanés sur le Net.

Mais ne soyons pas critique, car la multitude, justement, de ces messages obligent l’internaute à choisir, et choisir est déjà une preuve d’amitié ou d’amour, et il faut s’honorer du choix qui nous parvient surtout si celui-ci est original et que son reçu est exceptionnel et unique. C’est un peu comme lorsqu’on reçoit une carte postale. Celui qui l’envoie peut passer de longues minutes à effeuiller le tourniquet du marchand avant de trouver le paysage ou le message qui, à ses yeux, et de manière circonstanciée, devrait trouver grâce auprès de vous. Parfois, trouvant ces modèles trop pauvres, il s’en va vers d’autres vitrines, préférant la dilation de l’envoi, que de poster une carte qui ne serait pas à la hauteur du lien qui vous unit.

Et puis, il y a les réseaux sociaux qui, de par leur structure, rendent infinis la propagation des voeux. On partage, on duplique, on crée, on se photographie avec des cotillons, en robe du soir, smoking ou torse nu à moitié bourré(e) ou carrément barré. C’est magnifique, non, tous ces messages d’amour et d’amitié qui nous parviennent de partout y compris par des « amis » qu’on a jamais vus ou qu’on ne croisera peut-être jamais. On a l’impression, d’être forts, par les sentiments qui nous unissent et par le nombre. No comment !!!

Et puis, il y a ce moment que j’affectionne pour moi-même, mais comme on est sur mon blog, je peux en parler 🙂 : Celui de l’écriture d’un message personnel, réfléchi, ou chaque mot est pesé, révélant le souvenir d’une épreuve passée, ou d’un projet à court ou moyen terme, celui où il n’est pas utile de souhaiter la bonne année en 4 mots mais où les voeux sont tels qu’on sait qu’on va toucher au coeur, avec l’espoir qu’au moins il ou elle se souviendra que vous lui avez adressé vos bons voeux, et que vos voeux étaient vraiment bons.

Car, le problème, dans tout ça, c’est qu’au bout de quelques heures, on ne sait plus qui vous a adressé ses voeux ni à qui vous avez répondu et là suivant le milieu dans lequel vous batifolez, vous risquez l’incident diplomatique. Alors un conseil, puisque le premier de l’an est aussi un jour de résolutions. Ne tardez pas et répondez immédiatement à chaque message. Ensuite, si vous êtres quelqu’un de très organisé, ouvrez-vous un bloc-notes et listez vos envois et réponses.

Bien, il me reste donc à vous souhaiter, une bonne année, et me voilà bien ennuyé ! Comment être cohérent compte tenu de tout ce qui précède ?

Alors, voilà ce que je vous propose. : – Souhaitez-vous tout ce que vous voulez pour vous mêmes et mettez-moi en copie… comme ça je vous répondrai en essayant de personnaliser ma réponse avec toute l’affection que je vous porte.

Partagez