Lendemains de Noël

Ceux qui me connaissent savent que je n’aime pas particulièrement la période des fêtes.

J’y vois trop d’enchères consuméristes, trop de superficialités, trop de voeux énoncés sans réelle foi, trop de cadeaux pour les uns et trop peu pour d’autres. Tout le monde s’embrasse, tout le monde s’aime sur fond de terrorisme, de guerres, de casseurs et de misère.

Pendant qu’on s’émerveille sur le regard d’un enfant qui déballe avec frénésie ses cadeaux au pied du sapin, je pense à ceux qui n’auront pas de quoi se sustenter même le jour de Noël. Enfin c’est toujours la même histoire : le verre à demi plein ou à demi vide ?

  • Est-ce que moins de bonheur chez les uns réduit le malheur des autres
  • Est-ce que moins de richesse chez les uns réduit la pauvreté des autres ? Sur ce point, beaucoup de gilets jaunes semblent y croire, alors qu’un minimum de connaissance économique de notre modèle social permet d’en douter.
  • On dit que l’espoir fait vivre, et qu’il faut prier pour une vie meilleure ! Mais avons-nous seulement ce petit grain de foi qui nous permet de croire que notre prière soit exaucée ? Nous étions plus de 600 à la veillée de Noël, rassemblés dans un gymnase prêté à l’occasion, l’église Saint Christine des faubourgs de Saint Flour s’avérant trop petite. A la fin de la cérémonie, le curé de la paroisse a proposé d’applaudir tous ceux qui avaient contribué à la réussite de cette soirée. Et il a terminé en demandant d’applaudir les deux gendarmes qui en uniforme se trouvaient de permanence près de la porte pour veiller sur la sécurité de la communauté, en précisant que leur profession ne traversait pas que des temps heureux en cette fin d’année. Alors, j’ai eu le sentiment que Noël prenait corps quand 600 personnes ont applaudi à tout rompre, faisant monter l’émotion chez nos gardiens de la paix, de cette paix que nous avions échangée avec effusion quelques minutes au préalable. Puis nous sommes sortis, heureux de ce moment, saluant les gendarmes au passage, les encourageant, échangeant un message de soutien ou d’affection. Lui souriait béatement tel Joseph à l’entrée de la crèche ne comprenant pas pourquoi tant de monde se précipitaient pour voir le petit, langé sur son lit de paille. Elle, telle Marie, luttait pour contenir son émotion, remerciait d’un sourire et laissait échapper ces mots qui ont rempli mon coeur ce soir de Noël 2018 « Merci… Priez pour nous ».

J’essaie de croire à ma prière, pour que ceux qui pensent que gendarmes et policiers prennent de plaisir à casser du manifestant et qu’ils ont choisi ce métier pour manier de la matraque et du gaz lacrymogène, changent leur regard et qu’ils apprennent à aimer ceux et celles qui ont la vocation de protéger et sauver leur prochain.

Respecter l’autre, c’est respecter son travail, son commerce, ses biens, sa famille.

Respecter l’autre, c’est accepter que nul n’est autorisé à se saisir de ce que l’autre a construit par son travail, ses compétences ou son amour. Ce que la misère pourrait légitimer, ne peut s’accepter dès lors que cela atteint l’intégrité de la personne humaine que ce soit dans son être ou dans ce qu’il possède.

J’ai perdu mon âme d’enfant devant tout ce qui brille, mais je veux bien croire à cette étoile qui brille dans la nuit au milieu d’une constellation de points lumineux. Une seule m’est destinée et mène à la sérénité et à la paix. Saurais-je la trouver d’ici le prochain Noël ?

A suivre ….

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