Le cas Martin Piche

Je suis allé voir au théâtre : « Le cas Martin Piche » écrit par Jacques Mougenot et mis en scène par Hervé Devolder. Ce sont eux deux qui l’interprètent.

J’ai beaucoup aimé la précision du texte et le choix des mots jouant sur leur double sens ou leur composition ouvrant des contre sens ou des malentendus forçant ainsi l’aspect comique. L’auteur nous renvoie certaines de nos attitudes qu’il nous arrive certainement d’adopter par esprit de politesse ou de courtoisie, alors qu’avisé il en décèle l’ennui.

Un homme vient consulter un neuro-psychiatre sous prétexte qu’il s’ennuie à longueur de journée. Il s’ennuie à un point !

Le médecin y voit là un cas rarissime, jamais exploré qui excite sa curiosité.

C’est admirable, et excellemment interprété. Cette pièce tient le haut de l’affiche depuis plusieurs mois et on comprend pourquoi. Paradoxalement on ne s’y ennuie pas une seconde et le final est renversant.

Quand je vois jouer un tel texte, je ne peux pas m’empêcher de comparer le style d’écriture avec celui que j’emploie dans « Désolé ! ». Pour le cas Martin Piche, c’est très comparable. L’histoire est tout autant surréaliste et la justesse des mots est mesurée pour déclencher les effets comiques sans jamais tomber dans le burlesque. Il faut écouter avec attention pour ne rien perdre des effets souhaités par l’auteur. C’est cette précision de l’écriture qui fait le succès de « Désolé ! » à l’image de Martin Piche.

Je note également, que les 2 acteurs auteurs et metteur en scène ne sont guère connus mais qu’ils ont toutefois bénéficié d’une production qui leur a permis de jouer à Paris durant des mois et en tournée nationale depuis un an au moins.

Je sais que le festival d’Avignon est un tremplin, et qu’il me semble avoir lu qu’Avignon fut le lieu de la découverte de cette pièce. Je sais aussi qu’Avignon affiche pendant la durée du festival près de 1500 spectacles dont seule une toute petite poignée atteindra un producteur distributeur. A l’inverse toutes les pièces ayant emporté un succès honorable et une large diffusion n’ont pas été créées à Avignon, et la présence à Avignon nécessite un budget très conséquent pour couvrir les frais d’hébergement, de restauration de location de salle et de publicité.

Notre compagnie, n’ayant pas ces moyens, nous comptons sur le bouche à oreille et nous satisfaisons du bonheur des spectateurs qui viennent à notre rencontre. Ce sera encore ainsi les 6-7-8 avril à FEREL (56) et LA TURBALLE (44)

https://www.youtube.com/watch?v=fTJyHGH6r-k

 

Partagez