Feydau à Mériel

Après plusieurs mois d’absence,le Théâtre de l’Empreinte se produisait à nouveau à Mériel à l’Espace Rive Gauche les 16 et 17 mars 2018.

En tant qu’Homme de Théâtre, il  m’est difficile de ne pas juger un spectacle avec un œil sans doute plus avisé.

Quand j’aime, et que je reconnais le talent, je le dis.

Quand je m’ennuie et regrette de m’être déplacé. Par honnêteté, je me dois de le dire aussi.

2 pièces de Théatre de Georges Feydau étaient représentées.

La première : » On purge bébé » fut l’objet d’une vocifération ininterrompue entre deux comédiens qui, certes possédaient leur rôle et leur texte, mais n’ont apporté que peu de nuances à un jeu qui m’a donné mal à la tête  avec l’envie viscérale de me sauver à l’entracte qui n’a malheureusement pas eu lieu.

La deuxième : « Léonie est en avance » m’a plongé dans l’ennui et je me suis endormi. Pardon d’avoir dérangé mes voisins par mes ronflements.

Je tire mon chapeau aux comédiens dont on sentait la bonne humeur et l’envie de  jouer. J’ai apprécié leur travail et connais la difficulté à rassembler 9 adultes amateurs autour d’un même projet.

Mais pour moi l’expression théâtrale est le résultat d’un travail où l’on apprend à jouer ensemble en étant conscient que derrière le rideau de lumière qui aveugle les comédiens, il y a des spectateurs qu’il nous faut entraîner dans notre jeu. Jouer n’est pas seulement, sauter, s’invectiver, claquer des portes et surtout pas réciter son rôle. Jouer c’est utiliser toutes les parties de son corps, de son visage, de ses gestes,  respirer, prendre le temps d’un silence, aller chercher le partenaire dans sa réplique, emporter le spectateur dans l’histoire et lui faire partager, complice, les états d’âmes des interprètes.

Le travail est partagé entre metteur en scène et acteurs. Le metteur en scène nourrit souvent des espoirs que les acteurs n’atteindront pas. Il faut parfois beaucoup de temps pour que l’acteur trouve au plus profond de lui-même les ressources qui lui permettent d’interpréter un rôle. Mais l’acteur a aussi besoin de l’art de la mise en scène pour l’aider à se trouver, à se positionner, à placer son geste et sa voix.

Après des décennies de mise en scène, je connais malheureusement, les frustrations des uns et des autres à ne pas parvenir au but que l’on aimerait atteindre.

Il ne faut pas baisser les bras et travailler encore et toujours.

Si on veut jouer la comédie, il faut accepter d’entendre que l’on n’a pas été bon et que l’on peut progresser. C’est d’ailleurs le fondement même de l’art théâtral. S’améliorer sans cesse.

Le bon comédien sait quand il n’a pas été bon ! C’est pourquoi, un jour il sera excellent.

 

https://www.facebook.com/TheatredelEmpreinteMeriel95/

Partagez